Attentat de Nice : 7000 forces de l’ordre mobilisées, appel à la prudence pour les Français de l’étranger

À l’issue du Conseil des ministres, Gérald Darmanin a annoncé le déploiement de nouveaux moyens pour assurer la sécurité dans le pays. La menace concerne aussi l’étranger.

 Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la mise à disposition des préfets de 7000 forces de l’ordre mobilisables.
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la mise à disposition des préfets de 7000 forces de l’ordre mobilisables. REUTERS/Charles Platiau

La menace est totale, sur le territoire français comme à l'étranger. Quelque 7000 membres des forces de l'ordre, dont pour moitié des gendarmes réservistes, seront mis dès lundi à la disposition des préfets pour assurer la sécurité des Français, a annoncé vendredi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, au lendemain de l'attaque au couteau de Nice.

« Le conseil de défense a décidé de l'augmentation de notre posture de vigilance », a déclaré Gérald Darmanin à l'issue de la réunion autour d'Emmanuel Macron. « Ce sera 3500 gendarmes réservistes rappelés qui, à partir de lundi, seront à la disposition du corps préfectoral, mais aussi 3500 policiers et gendarmes mobiles, qui seront à disposition des préfets », a-t-il ajouté.

Le renforcement des mesures de sécurité autour des lieux de cultes chrétiens sera « fort » en ce week-end de la Toussaint, a également assuré le ministre. Gérald Darmanin a en outre annoncé l'envoi de 120 policiers à Nice, où trois personnes sont mortes, dont au moins deux égorgées, jeudi matin, à l'intérieur de la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption.

Quant aux établissements scolaires, « dans un moment de crise Covid mais également de crise de menaces terroristes, ils seront particulièrement protégés ». Des « consignes seront données en ce sens, évidemment », ajoute le ministre.

« La menace est partout »

L'état de la menace est jugé tout aussi sérieux à l'étranger, selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. « Le message d'urgence attentat (plus haut niveau du plan de sécurité « vigipirate », ndlr) a été envoyé hier soir à l'ensemble de nos ressortissants à l'étranger, quels que soient les lieux, puisque la menace est partout », a-t-il expliqué à l'issue du conseil de Défense.

« On passe vite de la haine virtuelle à la violence réelle, et nous avons décidé de prendre toutes les mesures pour assurer la sécurité de nos intérêts, de nos ressortissants », a poursuivi le chef de la diplomatie française. Des instructions ont été données aux ambassadeurs « pour qu'ils renforcent les dispositifs de sécurité » autour des présences françaises dans le monde (ambassades, consulats mais aussi Alliances françaises ou établissements scolaires).

Quelques semaines après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, décapité pour avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression, le patron du Quai d'Orsay a évoqué une vigilance toute particulière autour des écoles. « Nous avons aussi pris la décision de n'autoriser les ouvertures d'établissements scolaires qu'à partir du moment où la vigilance aura été accrue et une attention aura été portée à l'égard à la fois des parents, des enseignants et des élèves », a-t-il expliqué.

Jean-Yves Le Drian a relevé que ces mesures étaient prises « en relation avec les autorités locales qui, d'une manière générale, nous apportent leur concours ». Des manifestations anti-françaises et des appels au boycott des produits français se sont multipliés depuis le week-end dernier dans le monde musulman pour dénoncer le soutien apporté par le président Emmanuel Macron à la liberté de caricaturer.