Après des années de bugs, l’armée lance un nouveau logiciel de paye pour ses militaires

Depuis 2011, de nombreux militaires ont vu leurs soldes impayées ou mal payées en raison de problèmes liés au logiciel de paye de l’armée. Le problème est peut-être, enfin, résolu...

 La ministre Florence Parly compte se rendre lundi à Rambouillet (Yvelines) pour acter « le passage au nouveau logiciel de paye des militaires Source Solde ».
La ministre Florence Parly compte se rendre lundi à Rambouillet (Yvelines) pour acter « le passage au nouveau logiciel de paye des militaires Source Solde ».  AFP/Ludovic Marin

Pour les soldats mal payés, c'est la fin de longues années d'errance et de dysfonctionnements. L'armée française s'est dotée d'un nouveau logiciel de paiement des soldes des militaires, a indiqué vendredi le ministère des Armées.

La ministre Florence Parly compte se rendre lundi à Rambouillet (Yvelines) pour acter « le passage au nouveau logiciel de paye des militaires Source Solde », lors d'une visite au Centre interarmées du soutien solde et administration du personnel (CISAP).

Désormais, « l'ensemble des militaires des forces armées sont soldés de façon tout à fait satisfaisante », s'est félicité le cabinet de la ministre. « On a mis un terme à une des plus grandes catastrophes industrielles que le ministère ait connu ces dernières années. »

Jusqu'à 700 millions d'euros indus

A partir de 2011, sous l'effet du logiciel Louvois décrit aujourd'hui comme « instable et défectueux », des dizaines de milliers de militaires ont vu leurs soldes amputées, voire pas payées du tout, alors que certains d'entre eux servaient en Afghanistan ou au Mali, laissant leurs familles dans de graves difficultés.

A l'inverse, d'autres ont reçu trop d'argent qu'ils ont dû rembourser. A fin décembre, le total des indus versés s'élevait à 686 millions d'euros selon le ministère, dont 80 millions n'avaient pas encore été recouvrés.

Le scandale a duré jusqu'à la reprise de contrôle du logiciel Louvois, en 2017. « Des bataillons entiers ont été mobilisés pour refaire les calculs à la main », fait-on valoir au cabinet. L'Armée de l'Air et de l'Espace ainsi que les services de santé des armées viennent de basculer dans le nouveau système, après les marins en mai 2019 et l'armée de Terre en mai 2020.

Des milliers de contentieux

Selon le ministère, la Direction générale de l'armement (DGA) a été directement impliquée dans le processus de conception du nouveau logiciel, avec la « même rigueur qu'un contrat d'armement ». Le dossier, de fait, est compliqué : la moitié des soldats voient leurs soldes varier d'un mois sur l'autre.

Le déploiement a pris du retard suite à l'adoption par le gouvernement du paiement de l'impôt à la source.

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Le nouvel outil permet de tourner la page d'un épisode aussi sensible que coûteux. Plus de 10 000 contentieux ont en effet été déposés devant la Commission de recours des militaires, dont 1 815 ont été portés devant le tribunal administratif. D'après l'Hôtel de Brienne, le coût du dysfonctionnement pour le ministère a été estimé à 283 millions d'euros entre 2013 et 2019.

Désormais, le dossier n'inspire plus d'inquiétude. « On est passé au XXIe siècle, tout est dématérialisé », s'est réjoui l'entourage de la ministre, évoquant aussi la modernisation en cours de la politique salariale et la simplification des modes de calculs des soldes.