AbonnésPolitique

Annonces de Macron : un allègement du confinement prudent et l'espoir du vaccin

Le chef de l’Etat a annoncé mardi soir un assouplissement progressif du confinement et déclaré qu’une campagne de vaccination « massive » pourrait débuter dès la fin décembre ou début janvier en commençant par les plus fragiles.

 « Le pic de la seconde vague est passé », s’est félicité Emmanuel Macron qui a annoncé mardi soir un assouplissement du confinement dès ce samedi.
« Le pic de la seconde vague est passé », s’est félicité Emmanuel Macron qui a annoncé mardi soir un assouplissement du confinement dès ce samedi. LP/Olivier Corsan

Et si le bout du tunnel était enfin visible? Pour sa sixième allocution télévisée depuis le début de la crise du Covid-19 en mars, Emmanuel Macron s'est fendu d'une bonne nouvelle. « Les premiers vaccins − une formidable lueur d'espoir − seront disponibles fin décembre - début janvier et une seconde génération arrivera au printemps », a claironné le chef de l'Etat ce mardi 24 novembre. Après les annonces des laboratoires Pfizer, Moderna et AstraZeneca, le président de la République a assuré que l'Union européenne s'attelait à « sécuriser les doses » pour lancer une campagne massive. Seront prioritaires les « personnes âgées » et les « plus fragiles ». Le volontariat sera la règle : « Je veux être clair, je ne rendrai pas la vaccination obligatoire », a-t-il insisté.

Dans un pays marqué par un scepticisme record, Emmanuel Macron a pris des pincettes. « Un comité scientifique sera chargé du suivi de ces vaccinations, a-t-il promis dans cette allocution enregistrée peu avant 20 heures. La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations sur ce que nous savons comme ce que nous ne savons pas ». Parallèlement, un « collectif citoyen » veillera au grain.

Les trois étapes d'un déconfinement progressif

Ces progrès de la science changent la donne, à un moment où « le pic de la seconde vague est passé ». Après un conseil de défense qui s'est tenu dans la matinée et d'âpres concertations à Bercy, le chef de l'Etat a décidé d'atténuer les contraintes du confinement. Cet allègement s'échelonnera en trois étapes. Dès samedi matin, les commerces et les services seront autorisés à rouvrir jusqu'à 21 heures, en suivant un protocole sanitaire strict. L'attestation de déplacement perdurera, mais les promenades seront autorisées dans un rayon de 20 km et pour trois heures. Comme Le Parisien l'avait annoncé, les cultes seront autorisés à être célébrés à nouveau « dans la limite des trente personnes ».

Annonces de Macron : un allègement du confinement prudent et l'espoir du vaccin

Deuxième étape prévue le 15 décembre. La levée du confinement sera alors envisagée. Finies, les attestations. A la place, un couvre-feu s'imposera de 21 heures à 7 heures. « Si la situation le permet, à cette date, cinémas et théâtres pourront rouvrir », a annoncé Emmanuel Macron, assailli depuis des semaines de demandes émanant du monde de la culture.

Les 24 et 31 décembre, la circulation sera toutefois libre toute la nuit. Le sujet était sensible… « Nous pourrons nous déplacer sans autorisation y compris entre régions, passer Noël en famille, a rassuré le président, depuis la salle des fêtes de l'Elysée. Il faudra au maximum limiter les déplacements inutiles ». Les amoureux de sport d'hiver devront, en revanche, s'armer de patience. Les stations de ski restent fermées. « Il me semble impossible d'envisager une ouverture pour les fêtes », a expliqué le président, privilégiant un assouplissement courant janvier.

Enfin, le 20 janvier marquera le début de la troisième phase, si les objectifs sanitaires sont atteints. Les restaurants et les salles de sports pourront accueillir du public. Les lycées reprendront une vie quasi normale. Et les universités aussi, quinze jours plus tard. En attendant, bars, bistrots et salles de sport bénéficieront de nouvelles aides à hauteur de 20 % de leur chiffre d'affaires de 2019, si cette option est préférable aux 10 000 euros du fonds de solidarité.

«Tout faire pour éviter une troisième vague»

« J'assume pleinement les décisions que je vous expose aujourd'hui et j'assume de les prendre pour vous protéger au maximum », a tonné Emmanuel Macron, ragaillardi par de bons sondages. Il s'est dit favorable à un durcissement des conditions d'isolement des personnes contaminées, comme le réclamaient des collectifs d'associations et de médecins. « Je souhaite que le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions d'isolement des personnes, y compris de manière contraignante », a-t-il annoncé. Jeudi matin, le Premier ministre Jean Castex tiendra une conférence de presse pour préciser les modalités du plan de déconfinement progressif.

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

VIDÉO. Allègement du confinement : le discours d'Emmanuel Macron en intégralité

Le regard fixé vers la caméra, le chef de l'Etat s'est dit « optimiste », même si « nous ne sommes pas au bout » de la crise : « Nous devons tout faire pour éviter une troisième vague », a-t-il martelé. Il a déploré les ravages du « complotisme » et de « l'obscurantisme ». Puis reprenant un refrain qui lui est cher, il a exhorté ses concitoyens à dépasser « ensemble » cette épreuve et à « inventer un nouvel avenir français ».