«Un vrai zoo» : à Paris, le Café de la gare abritait une improbable ménagerie

A la suite d’un signalement, une saisie d’animaux sauvages a été faite par l’office de la biodiversité et la police lundi matin. Une trentaine de spécimens ont été saisis.

 Paris (IVe arrondissement), rue du Temple. L’un des appartements appartenant aux propriétaires de la salle de spectacle mythique a été la cible d’une opération lundi matin à l’aube.
Paris (IVe arrondissement), rue du Temple. L’un des appartements appartenant aux propriétaires de la salle de spectacle mythique a été la cible d’une opération lundi matin à l’aube.  GoogleStreetView

Depuis son ouverture juste après mai 68, c'est le lieu de toutes les libertés. Parfois un peu trop. C'est du moins ce qu'a estimé la Fondation Brigitte Bardot au sujet du mythique Café de la gare à Paris (IVe).

Ce lundi matin, à la suite de ce signalement, les enquêteurs de l'office de la biodiversité, accompagnés de policiers du commissariat, ont effectué une opération inhabituelle dans un des appartements appartenant aux propriétaires de la salle de spectacle. Chez le couple de locataires, dont l'homme, un comédien, n'est autre qu'un des fils des patrons du Café de la gare, entre 25 et 30 animaux ont été saisis.

Des huppes fasciées, des hiboux Petits-Ducs mais aussi des hirondelles, des corvidés, des grenouilles-taureaux mais aussi des lézards et même… des boas. « Un vrai zoo », n'en revient pas une source proche du dossier.

Le problème, à la fois pour la Fondation Brigitte Bardot mais aussi pour l'office de la biodiversité, c'est que parmi tous ces spécimens, il y avait pas mal d'animaux sauvages. « Nous traquons toutes les détentions illégales d'animaux sauvages », prévient la chargée de mission qui a géré ce dossier pour la Fondation. En général, il s'agit plutôt de bébés tigres ou d'autres félins que l'on voit surtout dans les clips de rap. Ces animaux font également l'objet d'un business avec des reventes sur Internet.

«Au niveau de l'insalubrité, c'était du grand n'importe quoi»

« Là, on n'est pas sur ce cas de figure, glisse une source proche de l'enquête. Ce couple ne se fait pas d'argent. Il s'agit plutôt de gens qui aiment les animaux mais qui ne se rendent absolument pas compte de ce qu'implique la détention de tous ces animaux. Du reste au niveau de l'insalubrité, c'était du grand n'importe quoi » « Cet amour était inconsidéré », dénonce la Fondation Brigitte Bardot.

« Ce comédien, cela fait des années qu'il recueille ici les animaux que les gens trouvent dans la rue, nous confie un de ses proches. Il a en quelque sorte la main verte avec les bêtes. Depuis que ces dernières ont été saisies, il n'est pas bien du tout. »

«Une sorte d'aura pour soigner les animaux»

« On raconte qu'il a une sorte d'aura pour soigner les animaux, reconnaît une autre source. Mais c'est un vrai métier. Les animaux sauvages, on les prend en charge dans des endroits reconnus comme l'Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). »

Le souci, pour les défenseurs des bêtes, « c'est que le retour à l'état sauvage après une période de captivité peut justement poser problème pour les animaux qu'on avait recueilli avec toute la bonne volonté du monde », explique un expert de la faune sauvage.

L'enquête, qui vient tout juste de commencer, permettra d'établir dans quelles conditions les animaux ont été pris en charge.

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