Un plan de relance à 1,4 milliard d’euros pour Paris, Hidalgo demande à l’Etat de «mettre autant»

Ce lundi, la maire (PS) de Paris a annoncé un vaste plan pour redynamiser l’économie locale. Elle en a profité pour demander au gouvernement un effort financier pour la capitale.

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 Par la voix d’Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, l’Etat s’est engagé à faire un effort pour la rénovation thermique des bâtiments parisiens lui appartenant, notamment le Palais de justice (IVe).
Par la voix d’Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, l’Etat s’est engagé à faire un effort pour la rénovation thermique des bâtiments parisiens lui appartenant, notamment le Palais de justice (IVe). LP/O.B.

L'Etat mettra-t-il la main au portefeuille pour participer au financement du plan de relance de la Ville de Paris, comme le lui demande Anne Hidalgo (PS) dans une interview accordée ce lundi matin au quotidien Les Echos?

Après les 200 millions d'euros de mesures d'urgence débloqués en mai 2020 pour « amortir le choc » qui a suivi le premier confinement, la maire de Paris s'apprête à mettre sur la table pour 2021 « 1,4 milliard d'euros de budget d'investissement » au titre du « plan de relance parisien en faveur d'une économie durable ».

«Il nous revient d'aligner le plan européen, le plan national et le plan parisien»

« Le Green Deal et la transformation digitale » constitueront les deux « directions stratégiques » de ce plan de relance territorial. Mais Anne Hidalgo va plus loin en s'adressant directement au gouvernement : « C'est un levier puissant. Mais si l'Etat pouvait mettre autant, on changerait d'échelle. Le gouvernement doit être au rendez-vous de la relance de l'économie parisienne. Des dizaines de milliers d'emplois sont en jeu et c'est une question d'intérêt général ». Avant de lancer cet appel très concret : « Il nous revient d'aligner le plan européen, le plan national et le plan parisien, par exemple, en matière de rénovation thermique des bâtiments ».

Invité de la conférence pour la relance organisée ce lundi après-midi à l'Hôtel de Ville et réunissant syndicats, organisations patronales, chefs d'entreprise…, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, a saisi la balle au bond : « Je crois partager le même objectif pour la relance. Vous souhaitez que l'Etat accompagne votre volonté de développer les coronapistes et la végétalisation urbaine, ce sera le cas ».

«Les services de l'Etat sont à votre disposition»

L'Hôtel de Ville s'engage à consacrer 53 millions d'euros à la rénovation énergétique des bâtiments publics et des écoles ? Le ministre annonce : « Nous allons mobiliser 238 millions d'euros pour la rénovation thermique d'une soixantaine de bâtiments appartenant à l'Etat ». Et de citer l'école des Mines qui bénéficiera d'une enveloppe de 20 millions d'euros, le Palais de justice (IVe) (35 millions d'euros) ou le théâtre de Chaillot (XVIe). Même partie de ping-pong pour la rénovation énergétique des logements sociaux.

Avant de lancer à son tour cette invitation à la maire de Paris : « On est disponible pour un contrat de relance entre la Ville et l'Etat. Les services de l'Etat sont à votre disposition pour que nous puissions écrire ce contrat au service des Parisiens et des entreprises parisiennes ».

Comment amortir la dette Covid ?

En guise de réponse, Emmanuel Grégoire (PS), premier adjoint de la maire de Paris, dresse un tableau très noir de la situation des collectivités locales. « L'effondrement des recettes et des rentrées fiscales (droits de mutation notamment) va provoquer une baisse importante de l'autofinancement et donc de l'investissement public. Le risque, s'il n'y a pas une restructuration à court terme des finances des collectivités locales, c'est que le plan de relance n'ait qu'une jambe », observe Emmanuel Grégoire. C'est pourquoi l'élu qui plaide pour « la création d'une caisse d'amortissement de la dette Covid », appelle l'Etat à « compléter le plan de relance par une nouvelle étape de contractualisation entre l'Etat et les collectivités ».

Sans entrer dans les détails, Olivier Dussopt a conclu : « Je crois partager le même objectif pour la relance ». Anne Hidalgo a eu le mot de la fin : « Je ne vois pas comment on ne pourrait pas s'entendre sur un plan de relance. Franchement, ça aurait de la gueule », s'est exclamée la maire de Paris.