Trafic de voitures : le policier ripoux reste libre

Cet homme de 31 ans a été laissé en liberté par la chambre de l’instruction. Il est soupçonné d’avoir détourné le fichier des voitures volées pour permettre à ses complices de s’emparer de 120 voitures.

 Le policier avait exercé au commissariat du XXe arrondissement.
Le policier avait exercé au commissariat du XXe arrondissement. LP/Céline Carez

Le policier corrompu reste en liberté. C'est ce qu'a décidé mardi matin la chambre de l'instruction de Paris. Cet homme de 31 ans est soupçonné d'avoir, entre 2017 et 2020 à Paris, modifié le fichier des voitures volées (FOVeS) pour permettre à un réseau de voleurs et de receleurs de s'emparer d'au moins 120 véhicules haut de gamme, écoulés en Belgique et en France. Le préjudice de cette fraude hors norme dépasse trois millions d'euros.

Trafic de voitures : le policier ripoux reste libre

Ce matin, le fonctionnaire de police s'est présenté devant ces juges en compagnie de son avocat Me David-Olivier Kaminski. « Il est libre, explique le ténor du barreau. J'ai relevé une erreur de procédure du parquet qui n'a pas respecté le délai d'appel après sa remise en liberté ». Ce jeune homme reste donc sous contrôle judiciaire contre une caution de 50 000 euros avec une interdiction d'entrer en contact avec les autres protagonistes de ce dossier et une obligation de vivre au domicile de sa mère en région parisienne.

Celui sans qui rien n'est possible

Ce policier corrompu est considéré comme la pièce maîtresse de cette affaire dans laquelle onze hommes et femmes ont été mis en examen début décembre par un juge parisien pour association de malfaiteurs, vol en bande organisée, blanchiment, non-justification de ressources et corruption active. Il est celui sans lequel rien n'est possible car c'est lui qui modifie le fichier des voitures volée et retrouvées. C'est encore lui qui permet à la tête de réseau, Mohamed B. de déplacer les véhicules stockés au commissariat vers des parkings.

Ce donneur d'ordre les met ensuite à disposition d'une série de garagistes et de spécialistes du maquillage et de l'immatriculation des automobiles volées qui les revendaient à des acheteurs de bonne foi. L'agent était ensuite blanchi via une société parisienne, dirigée par un complice au profil de chef d'entreprise.

Durant sa garde à vue, le fonctionnaire n'a pas pu vraiment s'expliquer car il a reçu un coup dans l'œil lors de son interpellation. Durant ces quatre jours, il a subi une intervention chirurgicale qui a rendu les auditions impossibles. Après l'école de police, ce gardien de la paix a été affecté dans deux commissariats parisiens et aurait même été le chauffeur d'un commissaire. La suite de l'instruction devrait permette de confronter les versions des uns et des autres pour préciser leur rôle dans cette organisation criminelle.