Stationnement : l’accès au centre de Paris facilité pour les professionnels de santé

Face à la colère des Urgences médicales de Paris, qui menaçaient de ne plus intervenir dans les premiers arrondissements de la capitale, la Ville a décidé de leur en faciliter l’accès.

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 Les véhicules des soignants seront désormais autorisés à circuler dans les voies de bus, rue de Rivoli par exemple. Mais les agents de la sécurité ainsi que la préfecture de police vont devoir s’en rappeler pour ne pas verbaliser par erreur. (Illustration)
Les véhicules des soignants seront désormais autorisés à circuler dans les voies de bus, rue de Rivoli par exemple. Mais les agents de la sécurité ainsi que la préfecture de police vont devoir s’en rappeler pour ne pas verbaliser par erreur. (Illustration) LP/F.L.

Le texte a été retiré du site Internet des Urgences médicales de Paris (UMP). Mais il a eu le temps de susciter une très vive émotion. Il faut dire que le message était pour le moins alarmant. Le voici : «Compte tenu des difficultés de stationnement dans les arrondissements du centre et du manque d'indulgence de la Mairie de Paris concernant les véhicules d'intervention de nos médecins, nous ne sommes plus en mesure d'assurer notre mission de permanence de soins dans le centre de Paris.»

Les UMP sont composées d'une équipe de 65 médecins, qui interviennent tous les jours, peu importe l'heure, pour des visites d'urgence dans la capitale. Avec au final, selon leurs chiffres, 200 000 appels et 90 000 visites par an.

Derrière cette annonce, la colère de Fabrice Attali, leur responsable : «Avec la modification de la politique de la Ville - les travaux multiples, la baisse du nombre de places de stationnement - nos conditions de travail sont devenues de plus en plus difficiles.» Entre embouteillages, perte de temps pour trouver une place de stationnement, PV à répétition…

«Mais il n'a en fait jamais été question de ne plus intervenir dans le centre, tempère Fabrice Attali. La réalité, c'est que nous n'étions plus en mesure de le faire en urgence. Nous refusions donc certaines missions. Nous continuions d'aller chez le patient, mais à des horaires décalés, en fin de journée par exemple, aux heures de circulation les plus fluides.»

Les voies de bus seront aussi autorisées

Si le médecin parle au passé, c'est parce qu'il vient d'obtenir satisfaction de la part de la Ville. Qui a décidé de retravailler sur l'accessibilité de son centre aux professionnels de santé, que ce soient les UMP, SOS Médecins…

«Nous leur avions déjà accordé le droit de se garer sur les places de stationnement, mais la situation n'était pas encore satisfaisante, confirme Ariel Weil, maire (PS) de Paris centre (fusion des Ie, IIe, IIIe et IVe arrondissements). Désormais, ils vont pouvoir s'arrêter à des endroits interdits, comme à l'angle d'une rue, du moment que leur présence n'en devient pas dangereuse. Par exemple, stationner sur un passage ne leur sera toujours pas permis.»

Les soignants ont aussi obtenu la possibilité de circuler dans les voies de bus. «Il va toutefois falloir que chacun travaille de son côté. Nous devrons rappeler ces dérogations à nos agents. La préfecture de police, qui gère la vidéoverbalisation, va devoir être vigilante pour ne pas infliger des amendes par erreur. Et les soignants doivent faciliter l'identification de leurs véhicules, ce qui n'est pas toujours le cas.»

«J'ai perdu une dizaine de médecins, lassés par la situation»

Fabrice Attali espère donc que ses équipes pourront à nouveau intervenir avec facilité dans le cœur de la capitale. «Mais il va falloir du temps, pense-t-il. J'ai perdu une dizaine de médecins, lassés par la situation. Et j'attends de voir l'efficience des mesures annoncées.»

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Plus largement, l'opposition municipale voit dans cette histoire la traduction d'une politique déconnectée de la réalité. «La Ville de Paris a une vision très binaire de la question. Pour eux, c'est Fini la voiture, tout pour le vélo, critique Aurélien Véron, élu (LR) de Paris centre. C'est la mort de commerces, comme les antiquaires ou les galeries d'art, présents dans notre arrondissement. Et maintenant des médecins qui n'interviennent plus. Une ville comme Paris se doit d'avoir des grands axes, telle la rue de Rivoli, accessibles aux voitures, pour qu'elles aillent se garer dans des parkings souterrains. Mais il faut pour cela un plan de circulation global pensé…»

Une polémique dans laquelle ne veut pas entrer Fabrice Attali, qui n'a «rien contre la politique de la Ville», mais que balaie Ariel Weil : «On circule mieux aujourd'hui dans nos arrondissements qu'il y a quelques années, ou même qu'il y a quelques mois depuis que nous avons changé la rue de Rivoli. Notre projet de piétonnisation de Paris centre vise justement à éliminer le trafic de transit, pour améliorer celui d'utilité. C'est sanctuariser celui de la police, des véhicules de propreté, des transports en commun, des partenaires de santé, des riverains et des commerçants.»