Paris : Saint-Joseph-des-Nations retrouve son coq et sa croix

Il aura fallu un chantier pharaonique de deux ans pour que cette église construite au XIXe siècle par Théodore Ballu soit de nouveau parée de ses atours.

 Il a fallu une grue pour réinstaller cette croix de 350 kilos au sommet du clocher de l’église Saint-Joseph-des-Nations (XIe), à 50 mètres de hauteur.
Il a fallu une grue pour réinstaller cette croix de 350 kilos au sommet du clocher de l’église Saint-Joseph-des-Nations (XIe), à 50 mètres de hauteur. LP/Philippe Baverel

Parfaitement restaurés, le coq en cuivre doré à la feuille d'or et la croix en fer forgé, dorée elle aussi, ont retrouvé en fin de semaine dernière leur place au sommet du clocher de l'église Saint-Joseph-des-Nations (XIe), qui culmine à 50 mètres. Une opération spectaculaire puisqu'il a fallu une grue pour réinstaller cette croix de 350 kilos qui avait été déposée en 2009 pour des raisons de sécurité.

Maire du XIe arrondissement de Paris, François Vauglin (PS) voit dans la réussite de ce chantier une métaphore de l'histoire de France : « Quel bonheur d'accompagner vers le ciel cette croix qui marque le caractère cultuel du lieu et ce coq gaulois et républicain ! Sachant qu'en France, les édifices religieux construits avant 1905 appartiennent aux municipalités. »

Un chantier à 2,8 millions d'euros

Adjointe d'Anne Hidalgo chargée du patrimoine, Karen Taïeb a félicité tous les corps de métier qui ont « mené à bien ce travail collectif en respectant, malgré le confinement, le calendrier prévu de 28 à 30 mois. Initialement fixé à 2,5 millions d'euros, le budget, malgré les mesures sanitaires, ne dépassera pas les 300 000 euros de surcoût. »

Curé de la paroisse, Bernard Maes souligne lui l'importance de la dorure de la croix « qui pourrait sembler superflue ». Sauf que cette croix, « plus qu'un signe religieux, représente l'amour intense du Dieu des chrétiens ».

Architecte passionnée de ce chantier pharaonique qui a commencé en janvier 2019 et doit s'achever en juillet prochain, Elsa Ricaud cite volontiers Eugène Viollet-le-Duc : « La moindre imperfection, lorsqu'on a le ciel pour fond, choque les yeux les moins exercés ». Elle exprime ainsi la délicatesse du travail de restauration de cette église construite entre 1866 et 1878 par Théodore Ballu, à qui l'on doit aussi l'Hôtel de Ville.

Déposer pierre par pierre la flèche, à savoir la pyramide qui coiffe le clocher, qui avait déjà été reconstruite en 1923, avant de la rebâtir, n'a rien d'une sinécure ! « Toutes les pierres étaient jointes entre elles par des agrafes en fer qui, en rouillant au fil des ans, ont pris plus de volume et fait éclater la pierre », explique Elsa Ricaud.

Place au beffroi, aux cloches et aux horloges

Pour édifier la nouvelle flèche, il a fallu en hisser 183 tonnes, taillées à Saint-Leu-d'Esserent (Oise). « Surtout, aucun métal n'a été utilisé pour armer la pierre dans sa masse. Un simple corset de cerclages en inox a été fixé sur la face intérieure de la flèche, sans contact physique continu », précise Elsa Ricaud.

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A nouveau paré de sa flèche, de sa croix et de son coq, le clocher de Saint-Joseph-des-Nations bénéficiera d'ici à juillet de la rénovation de son beffroi (structure en bois qui porte les cloches), de la révision du mécanisme de ses quatre cloches d'origine et de la restauration des cadrans de ses horloges en lave émaillée. Sans oublier la reprise des décors sous les voûtes du porche et la remise à niveau du parvis pour permettre l'accès des personnes handicapées.