Paris : nuisances sonores, coronapistes, scooters… ce que comptent verbaliser les agents de la Ville

Michel Felkay directeur à la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection, évoque pour nous les pistes de travail de ses agents pour l’année qui commence.

 Michel Felkay, le patron de la police municipale à Paris, dans son bureau et avec ses équipes, place Baudoyer dans le 4e arrondissement de la capitale.
Michel Felkay, le patron de la police municipale à Paris, dans son bureau et avec ses équipes, place Baudoyer dans le 4e arrondissement de la capitale. LP/Aurélie Ladet

Directeur de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP), Michel Felkay revient sur le bilan de l'année écoulée et évoque les projets en matière de sécurité pour 2021.

Quel bilan tirez-vous de cette année 2020 ?

MICHEL FELKAY. Avec 1,3 millions de PV, la DPSP montre qu'elle n'est pas qu'un service qui fait des patrouilles mais un service qui verbalise aussi activement.

91 % des PV sont liées aux infractions routières hors les inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris, une grande part de vos effectifs sur le terrain, ne sont pas habilités à les verbaliser alors que font-ils ?

Ils s'occupent des nuisances sonores, cela fait partie des priorités. Ils ont été équipés de sonomètres (on en a une dizaine par circonscription) et puis ils s'occupent des dépôts d'encombrants et des dépôts des vendeurs à la sauvette. Sans oublier la prévention Covid : ils ont beaucoup verbalisé au début les personnes qui ne portaient pas le masque et aujourd'hui, ils font de la pédagogie auprès de ceux qui le portent mal.

Sur les 277 636 PV liés à des infractions routières, près de 231 000 ont été dressés grâce à la vidéo. Le nombre de caméras va-t-il augmenter ?

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Cela se fera dans le cadre d'un plan que nous devons conclure avec la Préfecture de Police. Il y a certains carrefours où cela pourrait être très utile ainsi que sur des axes où les voies de bus et pistes cyclables ne sont assez respectées.

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La verbalisation pour les infractions sur pistes cyclables et voies de bus a augmenté. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

A l'heure du déconfinement nous avons mené de grosses opérations pour le respect des coronapistes ou encore celui de la rue de Rivoli interdite à la circulation routière de transit. Mais nous sommes aussi vigilants à ce que les cyclistes eux-mêmes respectent la réglementation : ceux qui conduisent avec des oreillettes, ceux qui franchissent des feux rouges… nous en voyons et les verbalisons. Cela peut aller jusqu'à 600 PV par semaine. Ce n'est pas parce qu'ils ont des pistes dédiées qu'ils peuvent faire n'importe quoi. Nous avons fait réaliser beaucoup d'opérations de contrôle en septembre, octobre et petit à petit, nous constatons que ce type d'infraction baisse.

Quelles sont les priorités qu'Anne Hidalgo vous a fixées cette année ?

Nous serons vigilants sur les nuisances sonores (y compris les pots d'échappement des motos grâce à nos sonomètres), le respect des pistes cyclables et des voies de bus, et puis nous allons veiller à la visibilité de nos patrouilles, l'îlotage que l'on veut instaurer sur Paris en multipliant les rondes de proximité à pied ou à vélo qui nous permettront d'être au contact direct avec la population.

Les deux roues motorisés vont-ils être particulièrement ciblés, puisque la ville envisage d'instaurer le stationnement payant pour eux ?

Nous sommes déjà très vigilants au respect des pistes cyclables mais on ne veut pas se concentrer non plus sur eux : les motards ne sont pas les ennemis de la voie publique. D'ailleurs je ne donne pas d'objectif de chiffres de verbalisation aux équipes. Nous cherchons juste à réguler l'espace public pour que chacun puisse y circuler comme le prévoit la loi.