Paris : les engins de chantier, aussi, passent à l’électrique

Enedis teste actuellement une pelle mécanique à motorisation 100 % électrique sur l’un de ses chantiers parisiens. Ces types d’engins pourraient se multiplier sur les chantiers en milieu urbain dense.

 Rue Simart (XVIIIe). Depuis le début de la semaine, Enedis teste une mini-pelle mécanique 100 % électrique sur un de ses chantiers parisiens.
Rue Simart (XVIIIe). Depuis le début de la semaine, Enedis teste une mini-pelle mécanique 100 % électrique sur un de ses chantiers parisiens. LP/Benoit Hasse

Des barrières entourent tout le trottoir et des ouvriers s'affairent dans la tranchée en cours de creusement. Le chantier de remplacement des câbles électriques que le distributeur Enedis vient de lancer dans la rue Simart (XVIIIe) ressemble à tous les chantiers du même type. A un détail près. La « mini-pelle » sur chenillettes qui s'active au-dessus de la tranchée n'émet qu'un discret ronflement… et absolument aucun gaz d'échappement.

Une première à Paris

Logique : le pilote du petit engin de chantier est aux commandes du « ECR25-e », la première pelle mécanique à la motorisation 100 % électrique mise au point par Volvo que le constructeur s'apprête à fabriquer en série. « Ce type d'innovation correspond bien avec notre politique de chantiers bas carbone », souligne Sophie Carré, adjointe de l'agence de renouvellement des réseaux d'Enedis-Paris.

« Nous avons contacté Volvo qui nous a prêtée ce modèle - l'un des tout premiers, sorti d'une usine de l'Ain en décembre dernier - pour le tester en conditions réelles de chantier », précise le distributeur d'électricité. L'expérimentation, suivie de très près par la Ville de Paris, se révèle pour l'instant « très satisfaisante ».

Sans bruit pour les ouvriers et les riverains

Elle a ainsi déjà permis de confirmer que l'autonomie du e-engin de chantier est suffisante pour tenir une journée. Mais aussi que la pelle mécanique peut refaire « le plein » d'énergie, de nuit, sur les bornes de recharge publiques de la capitale. « Nous avons également pu constater un gros gain en termes de confort sonore. Pour les ouvriers comme pour les riverains », insiste-t-on chez Enedis.

Pas question cependant pour le distributeur d'électricité d'annoncer un plan d'achat d'engins de chantier décarbonés. « Enedis ne fait pas de travaux de terrassement. Nous faisons appel à des prestataires extérieurs, comme l'entreprise BIR dans le cas de la rue Simart », rappelle Sophie Carré. « L'objectif du test, c'est de leur montrer que l'électrique sur les chantiers, c'est possible et de les inciter à s'équiper. »

Pour Enedis, les conséquences seraient d'ampleur. Le distributeur gère et n'entretient pas moins de 10 000 km de câbles haute et basse tension dans Paris. Et les travaux de renouvellement sont nombreux. Rien que cette semaine, en plus du chantier de la rue Simart, une dizaine de chantiers du même type (quoique plus bruyants et plus polluants) sont en cours dans la capitale.