Paris : après l’ultimatum du maire, les commerçants ont dégagé la place Sainte-Catherine

Ariel Weil, le maire de Paris Centre, a exigé que les restaurants de la place Sainte-Catherine enlèvent leurs terrasses du terre-plein central d’ici ce jeudi. C’est désormais chose faite.

 L'association Vivre le Marais se réjouit du grand nettoyage de Laplace sainte-Catherine.
L'association Vivre le Marais se réjouit du grand nettoyage de Laplace sainte-Catherine. Vivre le Marais

« À partir de ce jeudi, on ne tolérera plus les terrasses sur le terre-plein central de la place du Marché-Sainte-Catherine », martèle Ariel Weil, le maire (PS) de Paris Centre. L'élu ne veut pas parler d'ultimatum. Mais les commerçants, eux, perçoivent la menace comme un « acharnement » alors qu'ils affirment respecter scrupuleusement les termes de la charte de la Ville, et ne gêner en rien les secours, pas plus que le cheminement des piétons. Ils ont pourtant obtempéré ces dernières heures.

En plein cœur du Marais, les terrasses éphémères des sept établissements qui bordent la place parisienne étaient depuis longtemps le lieu de toutes les dissensions.

Les terrasses sont trop nombreuses, bruyantes, envahissantes, empêchant l'accès des véhicules de secours, selon l'association Vivre le Marais, qui avait été placée devant le fait accompli du partage de la place par les commerçants. Mais après avoir fait un tour sur les lieux, ce mercredi, Gérard Simonet, l'un des responsables associatifs, se dit satisfait : « « La quasi-totalité des chaises et des tables est partie du terre-plein central. Sauf un petit carré qui ne tardera sans doute pas à déménager », souligne-t-il.

«Nous ne sommes pas en guerre»

« Nous ne sommes pas en guerre. Je suis seulement dans l'optique de trouver un équilibre entre les riverains et les commerçants », assure le maire qui depuis plusieurs jours, déjà, voit patrouiller les agents de la préfecture de police, du commissariat et des effectifs municipaux.

Ils ont fixé à nouveau les limites des nouvelles terrasses. « Et franchement, nous constatons que les commerçants ont commencé à respecter les règles sur les horaires de fermeture. A 22h30, il n'y a plus de surterrasse ». Pour les tables et les chaises qui occupaient il y a encore quelques jours la place centrale, « il n'en est plus question. La règle doit s'appliquer à tout le monde sur la place », affirme le maire.

Il y a encore quelques jours. LP/Cécile Beaulieu.
Il y a encore quelques jours. LP/Cécile Beaulieu.  

Serait-il un défenseur d'un lobby de riverains ? « Il n'y a pas de lobby. Juste un collectif de riverains. Et ils n'ont pas gagné. Je fais juste respecter l'intérêt général. L'espace public n'est pas aliénable », ajoute-t-il.

«90 % des commerçants respectent les règles»

D'ailleurs, pour le maire, « 90 % des commerçants du centre de Paris respectent la charte de la Ville et jouent le jeu. Seuls 5 à 10 % ne ferment toujours pas à 22 heures ou continuent de mettre leur musique à l'intérieur sans fermer leurs portes… Ils font de la concurrence déloyale et ils font du tort à la profession », estime-t-il.

Mais sur la question de leur emplacement, si l'extension d'une terrasse éphémère est possible sur simple déclaration à la Ville, les terrasses ne peuvent pas pour autant s'accaparer l'espace public, appuie le maire.

Une « version 2 » de la charte des terrasses imposée par la Ville devrait bientôt être publiée : à la suite de verbalisations, les amendes pour les commerçants non respectueux pourraient s'élever à 500 euros. Sachant que la préfecture de police peut déjà imposer la fermeture administrative des établissements qui ne respectent pas les règles.