Paris : le petit ami violent condamné à un an de prison ferme

Ce jeune homme de 19 ans a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Paris, à une peine de deux ans dont un an ferme pour avoir tabassé et humilié une jeune femme.

 illustration violences conjugales / Feminicides
illustration violences conjugales / Feminicides LP/ Guy Gios

Violences, menaces et humiliation, c'est le triste triptyque qui caractérise ce petit ami violent. Un jeune homme de 19 ans a été condamné, mardi soir, par le tribunal correctionnel de Paris, à une peine de deux ans de prison dont un ferme avant d'être écroué. Il comparaissait pour avoir, en juin dernier dans le XVIIe arrondissement, passé à tabac et menacé de mort sa petite amie sur fond de jalousie. « Ce sont des faits abjects et des violences physiques et psychologiques », souligne le procureur avant de requérir deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt.

Dans le box des prévenus, Samba, cheveux en pétard, nie presque tout. « Non, je ne l'ai pas frappé, mais j'assume les menaces et les insultes », répète-t-il de nombreuses fois sous le feu des questions de la présidente qui décortique ce dossier d'enquête, construit avec de nombreux bornages téléphoniques et les déclarations de la victime et des plusieurs témoins.

C ette histoire d'amour et de violence, commence la nuit du 21 juin rue Nollet lorsque ces jeunes gens échangent des messages sur le réseau social Snapchat. Samba appelle sa petite amie, Laurine à quinze reprises. A 4 heures du matin, elle finit par sortir dans la rue en annonçant à sa mère que son petit copain est en difficulté. Elle revient à la maison avec une lèvre déchirée.

Un coup de poing dans l'œil et une sextape

Les échanges continuent et ce jeune homme impulsif, la convainc de venir le rencontrer, le 27 juin dernier devant le commissariat, situé près de chez elle. Le garçon s'énerve et la dispute est si forte qu'elle impressionne une riveraine. Cette voisine retourne dans son immeuble pour appeler du secours. Trop tard, Samba frappe la jeune femme d'un coup de poing dans l'œil. Elle s'effondre sur le trottoir. Des passants tentent de mettre la main sur le jeune homme mais il parvient à s'enfuir. Laurine gît, en sang, inconsciente sur le bitume et se réveille chez cette voisine. Elle est conduite et soigné à l'hôpital Bichat.

Le 30 juin les jeunes amants se retrouvent dans une chambre d'hôtel. Mais a jalousie se réveille chez Samba. « Je lui en voulais parce qu'elle avait parlé avec un autre homme », explique le prévenu devant les magistrats. Il s'empare du téléphone portable de sa petite amie et la filme, nue, en l'agonisant d'insultes et appuie sur son œil blessé pour la faire souffrir.

Le couple retourne aux urgences de l'hôpital Bichat car son œil couvert d'un pansement lui fait mal et elle craint de perdre la vue. Samba se montre virulent, il veut rentrer chez lui et ne veut surtout pas que Laurine révèle l'identité de son agresseur au médecin. Il la menace, l'insulte avant d'être éconduit par un agent de sécurité .

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À l'extérieur, il enrage. Ces affaires sont restées dans l'auto de sa copine et il veut rentrer chez lui. Il la menace par messages, assure qu'il va s'en prendre à sa voiture et à sa mère. Samba annonce qu'il va diffuser cette vidéo d'elle nue sur les réseaux sociaux, si la jeune femme ne sort pas et qu'il puisse rentrer chez lui. Ce jeune homme violent sera interpellé par la police devant l'hôpital et lors de sa garde à vue niera toute violence. Laurine dénonce les deux agressions, les menaces et les humiliations. Mais deux jours plus tard, elle se rétracte par peur de voir son copain derrière les barreaux. Un supplément d'information est ordonné et le procès renvoyé deux fois.

Un casier judiciaire teinté de faits de violence

Entre-temps Samba, condamné à six reprises notamment pour une agression sexuelle ainsi que pour une évasion, est incarcéré pour purger les mois de prison mis en suspens lors de son parcours judiciaire.

Son conseil, Me Camille Legall estime que « cette affaire se résume à une histoire de jeunes adultes immatures qui se chamaillent et se provoquent mutuellement ». L'avocate soutient que les faits de violence ne sont pas caractérisés et aurait voulu voir son client sortir libre avec une peine aménageable.