Paris : la virée des étudiants en kayak pneumatique se termine au poste

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la blague de ces deux carabins qui avaient embarqué sur la Seine a provoqué l’intervention de la police et des pompiers. Bilan : pas de blessés mais une grosse amende.

 Dans la nuit de mercredi à jeudi, les deux étudiants en médecine ont navigué pendant une demi-heure avant que les forces de l’ordre viennent les pêcher vers l’île de la Cité.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les deux étudiants en médecine ont navigué pendant une demi-heure avant que les forces de l’ordre viennent les pêcher vers l’île de la Cité.  DR

Comme dans le film « Titanic », ils étaient un peu les rois du monde sur la Seine, en plein Paris, dans la nuit de mercredi à jeudi. Une virée en kayak pneumatique d'une demi-heure, évidemment interdite, qui s'est terminée par une audition de trois heures à la brigade fluviale.

Les deux étudiants parisiens, âgés de 21 et 23 ans, s'en tirent plutôt à bon compte. Déjà, ils n'ont pas chaviré, ce qui leur permet d'être toujours en vie. Ensuite, ils se contenteront de payer trois amendes. Deux à 135 euros pour violation du couvre-feu et non-port du masque. Et une troisième qui pourrait s'élever à 1500 euros pour cette navigation avec un engin non motorisé et le non-port d'un gilet de sauvetage.

«Pour les pagaies, on s'est muni de planches et de plaques de four»

« C'était quand même génial », savoure encore l'un des deux marins d'une nuit, que nous avons contacté ce jeudi.

Dans la tradition des blagues de carabins, cet étudiant en troisième année de médecine voit les choses en grand pour l'anniversaire de son meilleur ami, qui tente, lui, de décrocher un master en mathématiques. «On s'offre systématiquement des bêtises, contextualise-t-il. La dernière fois, c'était un trampoline. Là je me suis dit : Tiens, on va faire du canoë sur la Seine ! »

L'idée ne paraît pas du tout saugrenue à son pote. Au contraire, il est enthousiasmé. Et les voilà tous les deux, quelques minutes plus tard, dans un grand magasin spécialisé dans les articles de sport. Ils repartent avec un superbe kayak pneumatique vert pomme. Il est 21 heures et la nuit est jeune. « On était embêtés pour les pagaies. Alors on s'est muni de planches et de plaques de four. »

«On faisait semblant d'être zen»

Vers 23 heures, c'est le départ du Paris by night en kayak. Il ne va pas durer longtemps. Au niveau du pont entre l'île de la Cité et l'île Saint-Louis, les premiers spectateurs se manifestent vers 23h30. Et ce n'est pas pour les applaudir. « On a vu arriver les policiers sur le quai, se remémore l'étudiant en médecine. Et puis, il y a eu la brigade fluviale et les pompiers. »

Petit moment de flottement. Les forces de l'ordre ordonnent aux deux marins d'eau douce de regagner la rive. Ils s'exécutent, un peu piteux : « On faisait semblant d'être zen mais en vrai on faisait pas les malins. Avec la vidéosurveillance ils avaient suivi tout notre périple. »

Les policiers vérifient leurs identités et dressent les amendes. « Ils nous ont dit que c'était la première fois qu'ils verbalisaient des gens pour cette raison. » A Paris, il est interdit de naviguer à bord d'une embarcation qui ne comporte pas de motorisation. C'est beaucoup trop dangereux. Les seules dérogations sont accordées pour des manifestations sportives ou ludiques qui ont été déclarées. «Avec le couvre-feu, il n'y avait pas de bateaux donc pas de risque de chavirer», tente de plaider un étudiant.

«S'ils chavirent, ils y passent», assure une responsable de bateau-école

«Non, mais ils ne se rendent pas compte du risque qu'ils ont pris ! s'étrangle une responsable d'un bateau-école. En ce moment, l'eau est à quatre degrés. S'ils chavirent, ils y passent. Cela n'a pas dû faire rire les sauveteurs de la brigade fluviale qui passent leur temps à repêcher des suicidés. Surtout avec l'ambiance générale après les fêtes de fin d'année pas gaies pour tout le monde et la Covid. »

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«On arrêtait pas de bosser depuis le confinement, s'excuse l'un des deux jeunes hommes. Là je venais de terminer un stage à l'hôpital. Bon, c'était une connerie. »