Paris : la rénovation de la Gare du Nord fait toujours polémique

Alors qu’une manifestation était organisée sur le parvis de l’Hôtel de Ville, le débat a rebondi dans l’après-midi au Conseil de Paris.

 Une cinquantaine de personnes ont manifesté ce mercredi midi sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris (IVe) pour protester contre le projet de rénovation de la Gare du Nord (Xe).
Une cinquantaine de personnes ont manifesté ce mercredi midi sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris (IVe) pour protester contre le projet de rénovation de la Gare du Nord (Xe). LP/Philippe Baverel

Réunis derrière une banderole proclamant « Non à la gare d'Auchan, un projet hors normes inadapté aux besoins des usagers », une cinquantaine de personnes ont chanté « La Gare du Nord n'est pas à vendre », ce mercredi midi, sur le parvis de l'Hôtel de Ville (IVe). Leur intention : protester contre le projet de réaménagement de la plus gare d'Europe, où passent 700 000 voyageurs chaque jour.

Président du collectif « Retrouvons le nord de la Gare du Nord », qui regroupe une centaine d'adhérents (usagers, urbanistes, architectes…), Serge Rémy dénonce « la transformation de la gare en un vaste bunker commercial de 270 boutiques sur 4 étages avec quelques bacs à fleurs sur le toit et quelques espaces de coworking loués à prix exorbitants ».

Il poursuit : « Nous n'acceptons pas la concession de 46 ans accordée au groupe Ceetrus, filiale d'Auchan. Il s'agit d'une privatisation de l'espace public alors qu'une gare, par définition, appartient à la nation. »

Deux mois et demi après que la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, et le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, sont parvenus à un accord pour réduire la voilure commerciale de ce projet très décrié (en supprimant notamment 7 500 mètres carrés de surface de boutiques), le débat a rebondi ce mercredi après-midi dans l'hémicycle du Conseil de Paris.

Elu du Xe arrondissement, Sylvain Raifaud (EELV) a rappelé une évidence : « Une gare doit avant tout être un lieu où prendre le train ». Avant de qualifier le projet de passerelle piétonne et cyclable, l'une des concessions obtenues par la Ville pour ouvrir la gare vers le nord et le XVIIIe, de « passerelle fantôme qui n'est pas financée au-delà des études et qui ne reliera pas le boulevard la Chapelle aux quais de la gare mais au centre commercial ».

La mairie a préféré la conciliation à l'opposition

Très en verve, Danielle Simonnet (LFI) s'est exclamée : « Quel déni démocratique ! » Et l'élue de dénoncer « la privatisation de la Gare du Nord au profit du groupe Ceetrus ».

Premier adjoint d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire (PS) a rappelé que « le permis de construire est délivré par l'Etat, donc le préfet de région. Nous le regrettons mais notre assemblée n'est pas souveraine en la matière. » Et si dans un premier temps, « la SNCF n'a pas entendu nos observations, c'est parce qu'ils ont cru que nous ne gagnerions pas les élections de 2020 », a confié l'élu.

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Sur le fond, le premier adjoint a déclaré : « Nous contestons fondamentalement ce modèle qui consiste à déléguer au privé le financement du projet. Mais il a été beaucoup amélioré : il est moins dense et il y a moins d'espaces commerciaux. ».

A l'attention de Danielle Simonnet, il a conclu : « Engager une bataille contentieuse, c'était planter le projet de rénovation de la Gare du Nord pour au moins dix ans. C'est la différence entre le populisme et la gouvernance. »