Paris : «La nouvelle synagogue Copernic ne nous fera pas tourner la page de l’attentat de 1980»

Jean-François Bensahel, président de la synagogue Copernic à Paris, commémore ce vendredi le drame qui a fait quatre morts et 46 blessés.

 Ce samedi, ce sera le 40e anniversaire de l’attentat de la rue Copernic (XVIe). Une cérémonie a lieu ce vendredi à 17 heures.
Ce samedi, ce sera le 40e anniversaire de l’attentat de la rue Copernic (XVIe). Une cérémonie a lieu ce vendredi à 17 heures. LP/Eric Le Mitouard.

Quarante ans après les faits, la synagogue Copernic et le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) rendront hommage aux victimes de l'attentat du 24, rue Copernic (XVIe), ce vendredi à 17h30.

« Nous allons faire une cérémonie simple, sobre, durant laquelle il y aura des dépôts de gerbes, l'allumage des bougies avec un rappel des faits, la lecture d'un psaume par un des rabbins de Copernic, la lecture de la prière des morts par l'ancien rabbin de Copernic, Michael Williams qui a officié de 1976 à 2012. Et la lecture de la prière pour la République », souligne Jean-François Bensahel, président de la synagogue Copernic depuis 2011.

La première attaque depuis 1941

Le 3 octobre 1980, à 18h38, quatre personnes avaient été tuées et 46 autres blessées lors d'une attaque à la bombe devant la synagogue, la première à avoir frappé mortellement la communauté juive en France depuis 1941. La verrière de la synagogue s'effondre sur les fidèles, une des portes est soufflée. Des voitures dans la rue sont projetées sur la chaussée, et les devantures de magasin soufflées sur 150 mètres.

Le 3 octobre 1980. AFP/Georges GOBET
Le 3 octobre 1980. AFP/Georges GOBET  

« Mon père et mon frère y étaient, se souvient encore Jean-François Bensahel. Tous ceux qui ont été victimes d'attentats terroristes, visant à semer la mort, sont marqués à vie. La synagogue est toujours marquée dans son cœur. L'enjeu, aujourd'hui comme hier, ce sont les libertés françaises, permettre de faire coexister en son sein diverses composantes unies par l'amour de la vie et de la liberté ».

La communauté juive du XVIe arrondissement, avec ses 2 000 familles, n'oublie pas et rebondit. « Nous avons créé, il y a un an le Judaïsme en mouvement, à partir de Copernic et du Mouvement juif libéral français (MJLF), qui a la volonté de porter en France une voix juive, moderne, qui a vocation de parler à la totalité des Français juifs, prônant l'égalité hommes femmes et très impliqué dans l'inter-religieux », affirme celui qui est aussi coprésident de nouveau mouvement avec Gad Weil, connu pour ses grands événements parisiens.

Une cérémonie aura lieu ce vendredi à 17 heures./LP/Eric Le Mitouard.
Une cérémonie aura lieu ce vendredi à 17 heures./LP/Eric Le Mitouard.  

Jean-François Bensahel, président de la synagogue Copernic à Paris depuis 2011. AFP
Jean-François Bensahel, président de la synagogue Copernic à Paris depuis 2011. AFP  

En parallèle, la communauté de la rue Copernic travaille toujours au vaste projet de modernisation de sa synagogue. Le cabinet d'architecture Valode et Pistre planche sur une nouvelle synagogue avec une façade contemporaine, en verre et en pierre blanche avec sept grandes failles en forme de chandelier. A l'intérieur, bien que tout sera reconstruit, certains éléments de décors d'origine comme la verrière Art déco, les inscriptions dorées et l'Arche sainte seront conservés et réimplantés. Ce qui n'empêche pas les désaccords alors que le permis de construire n'est pas encore pas déposé, malgré une présentation du projet en 2018.

La future synagogue sera marquée de ce souvenir de 1980. LP/cabinet d’architecture Valode et Pistre.
La future synagogue sera marquée de ce souvenir de 1980. LP/cabinet d’architecture Valode et Pistre.  

La crise du Covid ne facilite pas le bouclage d'un budget évalué autour de 20 millions d'euros. « Une fois réalisée, cette nouvelle synagogue ne nous fera pas tourner la page de l'attentat de 1980, affirme encore Jean-François Bensahel. Il sera inscrit dans la pierre du nouveau projet ».