Paris : la nouvelle affaire d’agression sexuelle sème le malaise chez les écologistes

Après « l’affaire Baupin » qui avait révélé le harcèlement exercé par l’ancien adjoint écologiste auprès de plusieurs collaboratrices, c’est un collaborateur de l’adjointe chargée de la Santé qui est accusé de viol.

 Hôtel de Ville de Paris.
Hôtel de Ville de Paris. LP/Arnaud Journois

Malaise chez les écologistes de Paris. La révélation, il y a quelques jours par le journal Le Point, d'une affaire d'agression sexuelle dans leurs rangs jette le trouble au sein du groupe écologiste.

« Libérer la parole des victimes »

Les faits auraient eu lieu le mois dernier. Une militante écologiste accuse un collaborateur de l'adjointe chargée de la Santé Anne Souyris, d'avoir abusé d'elle dans les bureaux de l'Hôtel de Ville. La présumée victime a déposé plainte jeudi dernier au commissariat du centre de Paris contre ce père de famille, qu'elle connaissait, et qui l'aurait violée. Selon nos informations, la jeune femme a été accompagnée au commissariat par Raphaëlle Rémy-Leleu, une des élues écologistes qui a mené la fronde du mois de juillet pour obtenir la démission de Christophe Girard. L'intéressée refuse de confirmer cette information. En revanche, elle estime que la fuite dans la presse du dépôt de plainte de la jeune femme moins de 24 heures après les faits est « extrêmement grave ». « C'est un très mauvais signal pour toutes les femmes victimes de violence qui souhaitent porter plainte. Les femmes qui sont dans ces situations ont besoin d'être protégées », martèle Raphaëlle Rémy-Leleu.

« Raphaëlle Rémy Leleu est prête à tout pour faire parler d'elle », maugrée en aparté un élu écologiste. Quelques dissensions apparaîtraient-elles chez les élus verts ? « Sur ces faits graves et choquants chacun a son appréciation mais il y a un consensus très clair au sein du groupe sur la nécessaire libération de la parole des victimes », répond Fatoumata Koné, la patronne du groupe écologiste de Paris.

Le collaborateur suspendu

Dans un communiqué, l'adjointe chargée de la Santé Anne Souyris assure pour sa part n'avoir « jamais eu connaissance d'actes déplacés » de la part de son collaborateur qui travaille depuis longtemps sur les questions de Santé au sein d'Europe Ecologie Les Verts.

« Mon collaborateur a fait l'objet d'une suspension administrative pour qu'il n'y ait aucune interaction entre l'instruction et la conduite de la politique municipale », précise l'adjointe d'Anne Hidalgo.

Alors qu'une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, ce lundi après-midi l'homme accusé n'avait toujours pas été entendu par la police, au grand dam de son avocate Aurélie Soria. « J'essaye de joindre le Procureur depuis vendredi soir. J'ai des documents à apporter permettant de réfuter les accusations qui sont portées contre mon client », insiste Maître Soria.

L'avocate doit déposer une plainte ce mardi pour dénonciation calomnieuse.