Paris : la conférence citoyenne sur l’urbanisme irrite la droite

La consultation citoyenne lancée en vue de préparer le long processus de la révision du plan local d’urbanisme a été fustigée par l’opposition municipale. Principale critique : le recrutement de détenteurs de la carte citoyens parmi les 100 Parisiens et Franciliens chargés de plancher sur le Paris de demain.

 Illustration. Le futur quartier Bercy-Charenton, contrat d’intérêt national, vu par UrbanEra, filière de Bouygues Immobilier, symbolise bien l’importance de l’élaboration d’un plan local d’urbanisme.
Illustration. Le futur quartier Bercy-Charenton, contrat d’intérêt national, vu par UrbanEra, filière de Bouygues Immobilier, symbolise bien l’importance de l’élaboration d’un plan local d’urbanisme. DR

La consultation citoyenne initiée mi-septembre par la mairie de Paris en vue de la révision de son plan local d'urbanisme s'est achevée samedi au pavillon de l'Arsenal (XIIe). « Tout s'est bien passé », affirme-t-on dans l'entourage d'Emmanuel Grégoire, le premier adjoint de la maire de Paris.

Bataille autour de l'échantillonnage

Pourtant, la droite n'a pas manqué de brocarder l'opération, dénonçant une « concertation biaisée » et le « manque de transparence ». « L'échantillonnage n'a pas été élaboré en toute indépendance. Des panélistes ont été recrutés dans le fichier des détenteurs de la carte du citoyen qui soutiennent souvent la politique municipale », a déploré Valérie Montandon, conseillère de Paris (LR).

« C'est un mauvais procès. Il n'y a pas de manipulation. Les détenteurs de la carte du citoyen sont souvent intéressés par les concertations et nous avons jugé utile de pouvoir compter sur eux pour constituer le panel dans les délais », rétorque-t-on dans l'entourage d'Emmanuel Grégoire (PS), le premier adjoint d'Anne Hidalgo.

« Ils ne représentent que 4 % de notre échantillon. Il n'y a aucun risque de surreprésentation d'un groupe politique, se défend Grégoire Milot, président de l'agence conseil en communication publique, Etat d'Esprit, chargé d'organiser cette consultation. Toutes les personnes sélectionnées ont parlé avec leur cœur du Paris de demain ».

Des Parisiens et des Franciliens

Grégoire Milot explique comment les 100 Parisiens chargés de plancher sur leur vision du Paris de demain ont été recrutés. « Nous avons sélectionné notre échantillon à partir des pages blanches de l'annuaire et sur la base de critères de parité, de répartition géographique avec 70 % de Parisiens et 30 % d'habitants de la petite couronne et d'âge, l'objectif étant d'avoir une grande diversité de profils. Nous avons passé plusieurs milliers de coups de téléphone pour effectuer ce recrutement et nous avons complété notre panel en tirant au sort une vingtaine de parisiens parmi 500 détenteurs de la carte du citoyen de Paris. C'était une volonté de la Ville de Paris », explique le fondateur de l'agence spécialisée dans les concertations pour le compte de collectivités également enseignant à Paris I Panthéon Sorbonne.

Ces Parisiens et Franciliens exposeront leurs préconisations et aussi leurs réserves au cours d'une réunion prévue le 10 novembre prochain.

D'autres opérations de ce genre vont suivre. En effet, Anne Hidalgo a souhaité pendant la campagne des municipales développer ce nouveau mode de participation pour « coconstruire son action publique avec les Parisiens. »