Paris : une marque de vêtements pour financer la végétalisation de la ville

Le collectif des jardiniers urbains lance une collection de vêtements, dont la vente servira le futur potager aromatique pédagogique et productif d’une école du XIe.

 Paris XIe, jeudi. Pour Hugo Meunier, le fondateur de Merci Raymond, des vêtements comme cette veste de jardinier sont une façon de transformer les citadins en porte-drapeau des métiers du jardin.
Paris XIe, jeudi. Pour Hugo Meunier, le fondateur de Merci Raymond, des vêtements comme cette veste de jardinier sont une façon de transformer les citadins en porte-drapeau des métiers du jardin. LP/Elodie Soulié

D'ici quelques semaines ce sera le dernier chic, mais du chic pratique, utile, et pour une bonne cause : lorsque chaussé de baskets discrètement siglées « Merci Raymond », vêtu d'une solide veste de drap brodée du même nom, vos outils enfouis dans les poches d'un grand tablier bleu nuit, vous planterez la petite graine dénichée dans le pot qui renfermait votre t-shirt en coton bio… Alors vous serez devenu une sorte de porte-drapeau de la grande famille des jardiniers urbains. De pied en cap vêtu comme ceux qui incarnent et travaillent pour la ville reverdie, re-chlorophyllisée. La vocation des jardiniers de Merci Raymond, qui viennent de fêter leurs cinq ans d'existence.

Déjà 200 000 plantations urbaines

Depuis, le collectif est devenu une véritable entreprise de la révolution verte. La start-up parisienne dédiée à la végétalisation urbaine, que ce soit sur balcon grand comme un mouchoir de poche, sur un toit-terrasse ou au sein même d'une entreprise, a déjà près de 200 000 plantations urbaines à son actif, ainsi que la création d'un « hôpital des plantes », et met aussi en avant les métiers de la nature en ville.

A la fois bureau d'études, agence d'architecture et de design végétal, équipe de paysagistes et d'ingénieurs agronomes, le collectif garde aussi le cap de mettre sur pied des projets accessibles à tous, afin de « reconnecter les citadins à la nature », et de redorer l'image du travailleur de la terre.

Végétaliser les toits d'école

Ce sera le cas du projet particulier dont le financement sera partiellement assuré par la vente des vêtements et accessoires à l'effigie de Raymond : un potager de 200 m2 qui sera créé sur les toits des écoles maternelles proches voisines Faidherbe et Saint-Bernard (XIe). Lauréat de la dernière saison du concours Parisculteurs, ce potager à la fois pédagogique et productif sera réalisé par « les Raymond » avec des pépiniéristes de quartier, « Pépins Productions », et une association locale. Il prévoit une production d'aromates et de plantes médicinales, à destination des restaurants et des marchés du quartier.

Des prix de 35 à 130 €

« Le chantier devrait pouvoir commencer en février ou mars », confirme Hugo Meunier, le fondateur de Merci Raymond. D'ici là, le collectif compte sur sa ligne de vêtement et à une campagne aux allures de défilé de mode pour « valoriser les métiers de l'agriculture urbaine, porter leurs vêtements de travail revient à mettre en avant ces métiers », invite-t-il. La marque pourrait s'étoffer avec des bottes de jardiniers, des meubles, des « expériences Merci Raymond », pour suivre les spécialistes sur des chantiers en cours. Tout ce qui pourrait vous rendre « Merci Raymond à la maison » sera bon à prendre pour permettre aux enfants de Faidherbe et Saint-Bernard de créer leur potager. Selon les vêtements et accessoires, il vous en coûtera par exemple autour de 35 € pour le tablier, 80 € pour la veste de gros drap, ou tout de même dans les 130 € pour les baskets… Le prix de la qualité et d'une nouvelle « collection militante », qui sera disponible d'ici la mi-octobre en e-commerce sur le site du collectif (https://merciraymond.fr).