Paris : des maisonnettes pour héberger les sans-abri

Emmaüs Solidarité, en concertation avec la mairie de Paris centre, vient d’installer des sortes de cabane pour accueillir les SDF plus dignement. Une première en Ile-de-France.

 Des maisonnettes ont été installées dans l’ancienne mairie du IVe pour accueillir des sans-abri.
Des maisonnettes ont été installées dans l’ancienne mairie du IVe pour accueillir des sans-abri. LP/Lola Dhers

« Intimité, dignité, sécurité ». Tels sont les mots d'ordre de Bruno Morel, directeur général de l'association Emmaüs Solidarité, pour ce projet inédit qu'il vient de mener à bien à Paris : accueillir des personnes sans domicile fixe dans des maisonnettes modulables plutôt que sur des lits de camp alignés. Une première en Île-de-France.

Ces maisonnettes, qui ont donc vocation à améliorer les conditions d'hébergement des personnes qui vivent à la rue, ont été installées vendredi dans une salle de l'ancienne mairie du IVe arrondissement de la capitale (place Baudoyer), mobilisée lors du plan grand froid déclenché le mardi 9 février à Paris.

Le directeur général insiste notamment sur les rideaux aux fenêtres, indispensables pour l'intimité des occupants. « Ce n'est pas parce qu'on est à la rue qu'on a envie de se déshabiller devant tout le monde », souligne-t-il. Dans celles qui accueillent deux personnes, se trouve également un rideau déplaçable aisément qui permet de s'isoler.

« Depuis, j'ai de l'intimité et mes affaires sont en sécurité »

En accord et collaboration avec le maire socialiste de Paris centre, Ariel Weil, elles sont pour l'instant au nombre de 4 (trois doubles et une simple). Le groupe de création Centdegrés a collaboré avec l'association fondée par l'abbé Pierre pour concevoir ces sortes de « cabanes », confectionnées par le fabriquant Liberté Events.

Les premiers bénéficiaires de ces installations semblent satisfaits de ce qu'elles leur apportent. Pour Maxime, 23 ans, « c'est bien, confortable ». « Depuis, j'ai de l'intimité et mes affaires sont en sécurité. » Autre avantage des constructions : les prises électriques sur lesquelles les sans-abri peuvent recharger leurs téléphones. C'est notamment ce sur quoi insiste Damien, 28 ans, qui paraît lui aussi content : « On se sent comme dans une chambre ».

Si ces maisonnettes seront démontées à la fin du mois, Bruno Morel voudrait qu'elles deviennent pérennes. Installables et stockables facilement, il souhaite en attendant qu'elles servent à des situations d'urgence, par exemple lors du démantèlement de camps de migrants.

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Son pari consiste à « montrer aux personnes sans logement qu'il y a une possibilité de sortir de la rue », alors qu'il est parfois difficile d'en convaincre certains de se faire aider. « Ça commence par les héberger dans un endroit digne. »