Paris : Crey 132 met le rond-point des Invalides aux couleurs du bleuet de France

L’Office national des anciens combattants a sollicité le graffeur pour célébrer les 100 ans de l’armistice de la Grande Guerre.

 Paris, ce samedi. L’artiste Crey 132 peint une fresque représentant le Bleuet de France (VIIe) sur le rond-point de l’esplanade des Invalides.
Paris, ce samedi. L’artiste Crey 132 peint une fresque représentant le Bleuet de France (VIIe) sur le rond-point de l’esplanade des Invalides. LP/Ph. B.

Lorsque le général Christophe de Saint Chamas, gouverneur des Invalides (VIIe), lui a montré le rond-point où il devait réaliser la fresque, le graffeur Crey 132 lui a demandé : « Il est où, le mur ? ». Point de mur sur le rond-point des Invalides ! « Vous allez peindre au sol », lui a rétorqué le général.

Depuis le 24 octobre, Crey 132, né à Champigny sur Marne (Val-de-Marne) il y a 45 ans, réalise une immense fresque ovale de 756 m2 « sur ce lieu historique, le rond-point du Bleuet de France, où peu d'artistes ont la chance de pouvoir s'exprimer », souligne le graffeur, qui a notamment donné des couleurs à la façade du centre de tri postal de Marseille. Aidé de deux plasticiens partenaires, Comer OBK et Jungle Raid Dog, Franciliens eux aussi, Crey 132 peint sans relâche « avec de la peinture classique et des bombes aérosols pour fignoler », chaque jour de 7 h 30 à 17 h 30. Quelque 150 litres de peinture blanche ont été nécessaires pour recouvrir les pavés. Ephémère, l'oeuvre devait être achevée dimanche soir.

Un hommage au centenaire de l'armistice de 1918

C'est pour commémorer le centième anniversaire de l'armistice de 1918 que l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) a passé commande à Crey 132 d'une fresque monumentale à réaliser sur le rond-point du Bleuet de France. Avec quel motif? Le bleuet de France précisément puisque cette fleur symbolise, depuis la Première Guerre mondiale, la mémoire et la solidarité avec les victimes de guerre (veuves, orphelins…) ou d'actions terroristes. Dès 1917, des bleuets ont été vendus dans la rue pour financer l'aide aux blessés.

Ex-lieutenant de l'armée de terre du côté de Thionville (Moselle), Crey 132, casquette et foulard kaki, baskets maculées de peinture, a représenté « un bleuet stylisé pour dénoncer les horreurs de la guerre, sur fond de drapeau français déchiré, à l'image de la société actuelle où il manque des liens entres les individus », observe le graffeur qui a deux enfants. Membre d'Emmaüs Synergie dans le Val de Marne, il précise « avoir ajouté des taches pour faire plus vivant ».