Paris : créez des arbres en origamis et aidez le Samu social

Un partenariat entre le Palais de Tokyo, Engie et l’artiste belge Charles Kaisin va permettre de financer des actions sociales. De l’art participatif, à distance, qui porte ses fruits.

 L’artiste Charles Kaisin invite tous les Parisiens à faire des origamis pour créer une forêt d’arbres au Palais de Tokyo… et venir en aide au Samu social.
L’artiste Charles Kaisin invite tous les Parisiens à faire des origamis pour créer une forêt d’arbres au Palais de Tokyo… et venir en aide au Samu social. LP/Eric Le Mitouard.

Joindre l'utile à l'agréable. Se mettre au jeu du pliage de papiers, créer une œuvre d'art à distance et… faire un geste solidaire. Depuis quelques semaines, l'artiste et designer belge Charles Kaisin réalise une forêt d'arbres au Palais de Tokyo avec les milliers d'origamis que lui adressent tous les Parisiens, stars ou inconnus, établissements scolaires et entreprises. Une opération appelée « Origami for Life ».

« Oui, les musées sont fermés. Mais la culture continue d'exister grâce aux œuvres participatives », affirme Charles Kaisin dans son gros manteau vert, au milieu des vastes espaces vides du Palais de Tokyo. Avant lui, pour l'illumination des Champs-Elysées, le comité organisateur avait déjà invité le monde entier à parrainer une loupiote avant de les voir s'illuminer. Jean-Michel Jarre aussi, à sa façon, a fait venir tous les amateurs de réalité virtuelle dans Notre-Dame reconstituée en 3D pour passer la nuit de la Saint-Sylvestre.

« Quand on voit tous ces espaces qui pourraient accueillir du monde en toute sécurité alors que les magasins en reçoivent, on ne peut que le regretter », souligne un responsable du plus grand centre d'art contemporain d'Europe situé avenue du Président-Wilson (XVIe).

Jusqu'à la fin du mois de février

Le public ne peut pas entrer. Mais les oiseaux de papier, eux, peuvent, une fois installés, créer de joyeux arbres géants. « Le premier a déjà été réalisé à l'entrée du Palais de Tokyo avec les 6000 premiers origamis qui nous ont été envoyés depuis décembre. Nous en sommes aujourd'hui à 41 000. Jusqu'à la fin du mois de février, nous voulons en faire treize autres », promet l'artiste.

Dans une pièce à part, chaque semaine, s es équipes enfilent sur des files aux longueurs bien calibrés, ces origamis de toutes les couleurs. Sept ont déjà poussé. Deux nouveaux doivent être installés ce mardi. « Avec notre partenaire Engie, fournisseur d'énergie, nous sommes très attachés au recyclage. Prenez n'importe quel papier et mettez-vous au pliage », invite Charles Kaisin.

Un tutoriel visible sur YouTube et nommé aussi Origami for life a été créé, permettant tout à chacun de se mettre au pliage. « On met cinq à six minutes pour le premier. Et après, le pli est pris », s'amuse-t-il. Il sait de quoi il parle. Diplômé du Royal Collège of Art de Londres, il a aussi participé en 2000 à l'Université des arts de Kyoto à un programme d'échange sur le thème du pliage.

Dans ses arbres, on voit des anciennes cartes routières, ou des partitions de musique. Des feuilles de devoirs d'écolier, des papiers rouges, jaunes ou verts. « Dès que les musées seront rouverts, tous ceux qui ont participé pourront tenter de retrouver leur origami », propose Charles Kaisin. La tâche sera difficile tant les arbres sont fournis.

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Le collège Georges-Rouault (XIXe) a déjà délégué six élèves pour venir apporter plus de 1000 origamis créés en classe. Des entreprises ont aussi fait leurs œuvres. « Et chaque jour, à 18 heures, en direct, un artiste fait son origami ».

Une enveloppe de 100 000 euros

Car ici, il ne s'agit pas seulement de se faire plaisir. « Nous voulons aussi faire un événement solidaire, souligne Philippe Peyrat, délégué général de la fondation Engie, partenaire de l'événement. Pour chaque origami, nous donnerons 1 euro pour le Samu Social. »

Une enveloppe de 100 000 euros est déjà prévue. Encore faut-il que les oiseaux en papier prennent leur envol jusqu'au Palais de Tokyo. « Aujourd'hui, nous espérons aussi que les musées ouvrent, lance Philippe Peyrat Et que le public vienne admirer nos arbres de couleurs. »

Envoyez vos origamis par la Poste ou en les déposant dans l'urne au Palais de Tokyo, Origami For Life, 13, avenue du Président-Wilson, 75116, Paris.