Paris : colère et chagrin devant le siège du Parti communiste après le suicide de Guillaume

Etudiants et proches du jeune homme, qui avait accusé un membre du PCF de viol, se sont rassemblés place du Colonel-Fabien.

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 Rassemblent devant le siège du Parti communiste français en la mémoire de Guillaume T., qui a accusé de viol l’élu parisien Maxime Cochard, avant de finalement se donner la mort mardi.
Rassemblent devant le siège du Parti communiste français en la mémoire de Guillaume T., qui a accusé de viol l’élu parisien Maxime Cochard, avant de finalement se donner la mort mardi. LP/Olivier Arandel

Ils sont une bonne centaine à braver le froid, emmitouflés, serrés les uns contre les autres, plutôt silencieux. Ce mercredi, place du Colonel-Fabien (XIXe), devant l'emblématique siège du Parti communiste français (PCF) à Paris, des anonymes (étudiants, membres des syndicats étudiants, militants LGTBQ) et proches de Guillaume T. se sont rassemblés pour rendre hommage à ce jeune étudiant qui s'est suicidé mardi. Là, aussi, afin d'exprimer leur colère sur fond de remous politiques

« Les communistes, dont Ian Brossat et Nicolas Bonnet Oulaldj (élus PCF parisiens, NDLR), ne soutiennent pas les victimes de violences sexuelles », assène une jeune femme brandissant un panneau sur lequel est écrit : « Il venait d'avoir 18 ans. Maxime Cochard et Victor Laby = prédateurs. Justice pour Guillaume ».

Mardi après-midi, le corps inanimé de Guillaume T., 20 ans, a été découvert dans sa chambre d'étudiant sur le campus de Paris-Nanterre (Hauts-de-Seine). Selon les premiers éléments de l'enquête, il s'agit d'un suicide.

Inscrit en licence 1 d'administration économique et sociale (AES), la victime n'était pas un inconnu. Il y a trois semaines, le 21 janvier, Guillaume, proche du PCF, avait accusé sur Twitter l'élu parisien (PCF) Maxime Cochard de viol. Faits que ce dernier avaient nié formellement.

« Nous exigeons justice et respect »

Dans le contexte des affaires de violences sexuelles et du hashtag #MeTooGay, son message avait fait l'effet d'une bombe. « Après plus de deux ans, sans savoir mettre les mots sur ce qui m'est arrivé, je me rends compte que j'ai été violé par Maxime Cochard, conseiller de Paris, et son compagnon, en octobre 2018 alors que je n'avais que 18 ans et étais particulièrement vulnérable. »

LP/Olivier Arandel
LP/Olivier Arandel  

Ce mercredi matin, l'appel au rassemblement avait été lancé sur Twitter par Ni Unos Menos : « La neige a recouvert Paris pour te dire adieu. RV ce jour, 16 heures, devant le siège du Parti communiste français. Nous exigeons justice et respect pour toi. Guillaume, on te croit. »

Devant les grilles fermées du PCF et un service d'ordre musclé, un des jeunes manifestants exhibe une autre pancarte : « Violeurs en politique, votre tour est venu ».

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Dans le cortège, discrète, sans son écharpe tricolore, Alice Coffin, élue EELV féministe, « tombeuse » de Christophe Girard, est venue - « C'était une évidence » - rendre « hommage au militant ». « La peine est immense et la colère aussi ».

Un nouveau rassemblement ce jeudi

Côté élus, Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, qui avait pourtant soutenu Christophe Girard, s'est aussi exprimé sur Twitter : « Toutes mes pensées à Guillaume. Grâce à son témoignage courageux, ce jeune étudiant engagé a contribué à une vague de libération de la parole nécessaire. J'adresse toutes mes condoléances à ses proches, sa famille et ses amis. »

Son message a fait grincer sur Twitter… « Odieuse tartuferie », a lancé Ni Unos Menos…

Ce jeudi, un rassemblement-hommage des étudiants est prévu à Nanterre, à 12h30, devant la résidence universitaire de Guillaume, à l'appel de la Fédération syndicale étudiante.

Côté police, l'enquête menée quant à la recherche des causes de la mort, confiée au commissariat de Nanterre, se poursuit. Le corps de Guillaume a été transporté à l'Institut médico-légal où il devrait être autopsié.