Paris : attention, il va falloir changer vos habitudes porte de la Chapelle

Sens unique, pistes cyclables : dans quelques semaines, l’accès à Paris par la porte de la Chapelle sera métamorphosé. Le but est d’apaiser un secteur très dense, mais certains redoutent la congestion.

 Paris, porte de la Chapelle (18e), ce lundi. Le 9 novembre prochain, l’entrée des véhicules dans la capitale sera profondément modifiée. Les riverains ont peur du « grand embouteillage » et déplorent le manque de communication.
Paris, porte de la Chapelle (18e), ce lundi. Le 9 novembre prochain, l’entrée des véhicules dans la capitale sera profondément modifiée. Les riverains ont peur du « grand embouteillage » et déplorent le manque de communication. LP/Cécile Beaulieu

« Trafic apaisé, mobilités douces privilégiées », avance la Ville de Paris. « Engorgement du quartier et méga-embouteillages en prévision », rétorquent certains, pointant « l'absence totale de concertation avec les riverains ». Les grandes manœuvres ont été engagées, ce lundi, prélude à un peu moins d'un mois de travaux dans le secteur de la porte de la Chapelle-Marx-Dormoy (18e).

Dès le 9 novembre, les automobilistes arrivant de l'autoroute A1 et du périphérique ne pourront plus s'engager que sur quelques centaines de mètres pour entrer dans la capitale, via l'avenue de la Porte de la Chapelle, axe qui sera mis à sens unique dans le sens sortant de Paris, entre la place et le rond-point de la Chapelle.

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Deux couloirs de bus sécurisés et une piste cyclable bidirectionnelle seront par ailleurs mis en place, entraînant la suppression du stationnement sur chaussée. Objectifs affichés par la Ville : adapter la voirie pour améliorer la régularité des bus et créer des axes cyclables sur l'axe Chapelle-Marx Dormoy.

Expérimenter avant de concerter

A l'issue d'une période d'expérimentation — dont la durée n'a pas été précisée — viendra le temps de la concertation avec les habitants. Seulement voilà, si de nombreux riverains voient plutôt d'un bon œil l'idée de restreindre la circulation dans ce secteur particulièrement dense, par lequel transitent quelque 40 000 véhicules chaque jour, la crainte de voir apparaître de nouveaux embouteillages domine.

« C'est l'une des principales portes de Paris ! Que vont faire les automobilistes ? Après s'être extraits du tunnel du Landy qui risque de saturer, lui aussi, ils n'auront d'autre choix que de s'engager sur le boulevard Ney, pour gagner la porte de Clignancourt, déjà perpétuellement saturée. Ou de se faufiler dans les petites rues, à partir du rond-point de la Chapelle », redoute un riverain de la rue Marx-Dormoy qui dénonce, comme bien d'autres, « la précipitation et le manque de concertation : on décide et on demande aux riverains après ».

Concertation pourtant « indispensable », aux yeux de Léa Balage, coprésidente EELV du 18e et élue de l'arrondissement. « Il y a deux écueils à éviter, estime-t-elle : le manque de communication, avec les habitants mais également les maires du 93 concernés, et le risque de fermer la porte de la Chapelle à la banlieue. Elle doit rester un lieu de transition entre la capitale et la petite couronne. »

Lutter contre la pollution

« Mais, assure-t-elle, la période d'expérimentation permettra d'étudier les flux, de corriger ce qui devra l'être et d'étudier les alternatives possibles : devra-t-on emprunter d'autres portes ? Pénétrer différemment dans Paris ? C'est très positif que les choses bougent, notamment contre la pollution de l'air, dans un secteur qui a longtemps été le parent pauvre. Mais la concertation doit rester le maître-mot. »

Dubitatif, un habitant de la rue Belliard s'imagine déjà au beau milieu d'un « itinéraire de délestage. C'est déjà compliqué en temps normal, alors si on doit en plus supporter le trafic de la Chapelle qui va chercher à gagner Clignancourt, c'est le cauchemar assuré… »

Des travaux de nuit

Des craintes difficiles à apaiser, au regard du peu de précisions données par la Ville. Seules certitudes, au premier jour du chantier, un calendrier annonçant des travaux de nuit qui se dérouleront en plusieurs phases jusqu'au 6 novembre prochain, pour une mise en sens unique effective trois jours plus tard.

Du 12 au 16 octobre : réalisation de travaux entre la Seine-Saint-Denis et le boulevard Ney, puis, du 19 au 24 octobre, entre le boulevard Ney et le rond-point de la Chapelle.

La troisième phase, prévue du 26 au 31 octobre, concernera la section comprise entre le rond-point de la Chapelle et la rue Ordener. Et la dernière, enfin, du 2 au 6 novembre, achèvera le tronçon compris entre la rue Ordener et la place de la Chapelle.