Notre-Dame de Paris : on fait le point sur le futur chantier du parvis

La Ville de Paris compte participer à la transformation des abords de la cathédrale. Cinquante millions d’euros pourraient financer un vaste chantier issu d’un concours international, qui sera lancé au printemps.

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 Le chantier du parvis de la cathédrale Notre-Dame devrait débuter en 2025.
Le chantier du parvis de la cathédrale Notre-Dame devrait débuter en 2025. LP/Delphine Goldsztejn

L'Assemblée nationale suit comme le lait sur le feu l'avancée du chantier de Notre-Dame. Ce mercredi matin, Brigitte Kuster (LR), présidente de la mission d'information pour le suivi de la restauration de la cathédrale de Paris, a parlé gros sous avec Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire (PS) de la capitale en charge de l'urbanisme et de l'architecture. De quoi faire le point sur le concours international qui sera lancé au printemps sur le réaménagement des abords du monument.

1. 50 millions d'euros pour les travaux des abords de la cathédrale

« Anne Hidalgo (NDLR : la maire de Paris) s'est engagée à donner 50 millions d'euros pour la rénovation de Notre-Dame, ce qui comprend naturellement les abords. L'Etablissement public s'occupe de la cathédrale, ce qui relève de sa compétence. En accord avec le gouvernement, nous nous chargerons de la rénovation, la réhabilitation et du réaménagement du parvis et de ses abords », a bien précisé Emmanuel Grégoire.

Dans ce budget, la Ville compte également intégrer, en accord avec l'Etablissement public chargé de la restauration de Notre-Dame, l'évaluation de l'occupation de l'emprise du chantier mais également l'indemnisation du concessionnaire du parking qui a dû interrompre son exploitation. Ce sont les « effets collatéraux » des travaux, comme l'a souligné le premier adjoint.

2. Pas de travaux avant 2025 sur le parvis

« D'ici un mois, la maire de Paris aura arbitré les contours et orientations du concours international sur lequel nous travaillons en étroite collaboration avec l'Elysée, le ministère de la Culture et l'Etablissement public. Nous pourrons alors inscrire son lancement à l'ordre du jour du Conseil de Paris », annonce Emmanuel Grégoire, en déclinant le calendrier de cette vaste opération.

L'objectif est de présenter en avril au Conseil de Paris le cahier des charges donné aux équipes d'architectes et d'urbanistes afin de lancer le concours au printemps. « Ce type de projet nécessite légalement des concertations de six semaines. Mais nous avons jugé que cela ne serait pas suffisant. Nous pensons consacrer plusieurs mois à la concertation, cela permettra d'associer largement les candidats », a indiqué l'élu.

Les travaux sur le parvis, eux, ne commenceront pas avant la fin du chantier de la cathédrale. « Elle sera rendue au culte, comme prévu, en 2024. Mais le chantier se poursuivra au-delà. Nous espérons pouvoir garantir le début du chantier des abords en 2025. En attendant, nous préparerons en temps masqué tout ce qui peut l'être pour engager les travaux le plus rapidement possible », souligne Emmanuel Grégoire.

3. Les travaux sur les abords… « au sens large »

Là encore, la réflexion est en cours. Les abords de la cathédrale pourraient en effet être envisagés de façon large. Le parvis, mais aussi le square Jean-XXIII ainsi que les rues avoisinantes, « afin d'avoir une cohérence globale », estime à titre personnel l'élu. Tout cela sera étudié avec le diocèse, la mairie de Paris Centre mais aussi avec les associations de riverains et les commerçants.

4. Objectif : améliorer les flux des visiteurs

Alors que l'idée d'un « petit carrousel du Louvre » avait été suggérée pour décrire l'ampleur des travaux à réaliser, Emmanuel Grégoire a voulu préciser certains points. « Il n'y aura pas de commerces en sous-sol », a martelé à plusieurs reprises l'élu. L'objectif du programme est « d'améliorer l'accueil du public, paroissiens et touristes », a-t-il insisté. « L'harmonie » est le maître mot de l'opération qui doit permettre de « redessiner le parvis », tout en préservant la perspective sur l'édifice. La question d'une « émergence » se pose encore, sans avoir les faveurs de la maire. « Il faut surtout améliorer les flux vers la cathédrale et assurer une complémentarité avec la crypte archéologique. »

Une billetterie devrait être créée, non pour faire payer l'entrée du site, mais pour en assurer la sécurité. Des sanitaires, une bagagerie et un espace pédagogique pourraient y être également implantés. Le diocèse pense pour sa part créer un espace muséographique, dans un autre site.

5. Une belle hauteur sous plafond à privilégier

C'est donc en sous-sol qu'une grande partie du programme doit être pensé. Il sera situé à l'emplacement du parking actuel. « Il a une superficie de 6000 mètres carrés sur deux niveaux. La question se pose du maintien ou non de ces deux niveaux qui seraient alors bas de plafond », a décrit l'élu. La réflexion semble davantage se porter sur un espace unique de 3000 mètres carrés mais avec une belle hauteur de plafond. De quoi donner de l'ampleur au site, avant même d'entrer dans la cathédrale.