Notre-Dame de Paris : deux des chapelles ont déjà retrouvé des couleurs

Ce mercredi, les résultats de chantiers tests menés sur deux des 24 chapelles du monument parisien ont été dévoilés. De quoi mieux imaginer à quoi ressemblera une partie de la cathédrale incendiée après restauration.

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 Deux mois de travail auront été nécessaires afin de restaurer les peintures murales de la chapelle Saint-Ferdinand.
Deux mois de travail auront été nécessaires afin de restaurer les peintures murales de la chapelle Saint-Ferdinand. Patrick Zachmann/Magnum Phot

C'est une première étape, mais elle laisse présager de ce que pourrait être Notre-Dame de Paris lors de sa réouverture au public en 2024. Une cathédrale dotée de chapelles aux couleurs resplendissantes, à la pierre blanche, comme on ne les avait plus vues depuis leur restauration par Viollet-le-Duc au XIX e siècle.

Ce mercredi, les résultats de chantiers tests menés sur deux des 24 chapelles que compte l'édifice ont été dévoilés. « Elles n'ont pas été très abîmées par le sinistre de 2019. Mais elles étaient déjà bien empoussiérées. C'est sur cette couche de saleté qu'est venue s'accrocher la poussière de plomb de l'incendie », souligne Jonathan Truillet, directeur adjoint des opérations de l'établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale.

Compte tenu de la dangerosité de ce matériau, une vaste opération de nettoyage s'est avérée indispensable. « On s'est rendu compte qu'il fallait faire davantage, et entreprendre une restauration complète, reprend Jonathan Truillet. S'il n'y avait pas eu l'incendie, cette opportunité ne se serait pas présentée. A terme, Notre-Dame va retrouver une homogénéité de toutes ses chapelles. »

Là, c'est un bleu presque insoupçonné. Ici, une statue qui retrouve son lustre d'antan. Au-dessus, des vitraux à nouveau lumineux. Mais aussi des dorures qui magnifient l'ensemble.

«On n'invente rien, on ne change rien»

Derrière ce travail d'orfèvre, Marie Parant, l'une des huit restauratrices de peintures murales ayant œuvré sur le chantier. « Il a d'abord fallu dépoussiérer les peintures, avant de les consolider, de les nettoyer puis de remettre les couleurs au jour, pour qu'on les retrouve comme Viollet-le-Duc les avait imaginées, explique-t-elle. On n'invente rien, on ne change rien. C'était un décor de très grande qualité. »

Sur les nervures de voûtes, des fleurs de lys datant peut-être du XIIIe ou XIVe siècle ont été mises à jour. Patrick Zachmann/Magnum Phot
Sur les nervures de voûtes, des fleurs de lys datant peut-être du XIIIe ou XIVe siècle ont été mises à jour. Patrick Zachmann/Magnum Phot  

Quelques découvertes ont aussi émaillé le chantier. « Comme ces fleurs de lys découvertes sur les nervures de voûtes, antérieures à l'intervention de Viollet-le-Duc sur Notre-Dame, datant peut-être du XIIIe ou du XIVe siècle, que personne n'avait encore remarquées », s'émeut Pascal Prunet, architecte en chef des Monuments historiques.

Pour la chapelle Saint-Ferdinand, il aura fallu près de deux mois de travail sur les peintures murales pour les restaurer, répartis entre septembre 2020 et janvier dernier. De quoi se projeter. « Les chantiers menés sur ces deux chapelles tests ont permis d'aboutir à des bases de protocole, et donc de déterminer les méthodes d'intervention optimisées, les coûts et les délais nécessaires pour restaurer les 22 autres », explique Pascal Prunet. Il s'agira de trouver un compromis entre ces trois données.

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Ainsi, sur les chapelles restantes, tous les décors ne bénéficieront peut-être pas de la même attention, comme les voûtes situées à 30 mètres de hauteur, peu visibles du public. Car, souligne Jonathan Truillet, « on travaille à restaurer le plus d'espaces intérieurs possible pour 2024 ».