Masque obligatoire : des Parisiens (plutôt) disciplinés

Les Parisiens semblent s’accommoder du port du masque, obligatoire dans toutes les rues de la capitale et en petite couronne depuis vendredi matin. Mais si certains pointent des incohérences dans la stratégie gouvernementale.

 L’acteur et réalisateur Olivier Marchal porte le masque même à moto.
L’acteur et réalisateur Olivier Marchal porte le masque même à moto. LP/Philippe Baverel

A voir la tête des Parisiens ce vendredi midi, à peu près tous masqués, le message du préfet de police – qui a décidé de rendre obligatoire à partir de ce vendredi 8 heures, le port du masque partout à Paris et en petite couronne — a été reçu cinq sur cinq.

Même les cyclistes qui, comme les joggeurs, bénéficient d'une dérogation de dernière minute, annoncée vendredi matin par la préfecture, suite à une demande de la mairie de Paris, préfèrent garder le masque! Ainsi Kassoum, livreur à vélo à raison de vingt courses par jour, pour une chaîne de repas à domicile, estime que «c'est mieux pour la santé».

«Ça me protège de la pollution»

Que les utilisateurs de trottinettes et de deux-roues motorisés ne bénéficient pas de cette exemption, ne contrarie pas l'acteur et réalisateur Olivier Marchal : «Je mets le masque même à moto, avec le casque semi-intégral et sous la visière car ça me protège de la pollution», confie-t-il.

Le comédien se montre plus circonspect sur la stratégie globale des pouvoirs publics face à la recrudescence de l'épidémie à Paris : «Je ne sais trop qu'en penser. Le soir, à la terrasse des cafés, les gens sont les uns sur les autres et sans protection sur le visage…»

Parisienne masquée du XIe arrondissement, Fabienne pointe «l'incohérence entre la généralisation du masque à Paris que j'approuve et les bistrots ouverts jusqu'à une heure du matin, où les tables sont à touche-touche, avec les nuisances sonores infligées aux riverains. Moi qui habite dans une rue très animée à côté de Bastille, je peux vous dire qu'il n'y a aucun contrôle de police.»

Certains riverains s’étonnent qu’il faille porter le masque dans la rue mais qu’on puisse le retirer une fois attablé en terrasse.LP/Philippe Baverel
Certains riverains s’étonnent qu’il faille porter le masque dans la rue mais qu’on puisse le retirer une fois attablé en terrasse.LP/Philippe Baverel  

Et de s'interroger : «Comment expliquer que le piéton qui marche seul rue Montorgueil soit obligé de porter le masque mais pas les consommateurs assis nombreux à la terrasse des cafés ? La seule réponse, c'est que l'enjeu économique d'un secteur très éprouvé par le confinement, prime sur la santé.»

Disciplinés, même si certains ont vite fait de glisser le masque sous le menton pour «fumer une cigarette» ou «respirer», c'est selon, les Parisiens n'en sont pas moins critiques vis-à-vis du gouvernement. La phrase du Premier ministre Jean Castex, invitant «papys et mamies» à ne pas aller chercher les enfants à l'école, fait bondir Chantal, masquée même à vélo : «Mardi, ma fille compte sur moi pour emmener mes deux petites-filles en classe. Et je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas dans la mesure où nous appliquons les gestes barrière», estime cette enseignante retraitée de 64 ans.

«Quand va-t-on se réveiller de ce cauchemar ?»

De-ci de-là, il y a aussi quelques rebelles qui se promènent le nez au vent, même s'ils ont un masque dans la poche. A l'instar de Pierre, professeur de physique de 35 ans qui promène son fils d'un an en déclarant : «Il est important que mon enfant apprenne à parler en lisant sur les lèvres ». Et de déplorer le fait qu'« avec masque, téléphone, écouteurs et lunettes, on devienne des zombies… »

VIDÉO. Masque obligatoire à Paris : «Ça me soûle un peu, mais je ne vais pas faire le rebelle»

Comme un cri du cœur, Violaine, directrice financière portant un élégant masque en tissu à motifs vert et bleu, s'exclame : « Tout ça me déprime complètement. Quand va-t-on se réveiller de ce cauchemar ? J'ai quatre enfants et je ne sais pas dans quel monde ils vont vivre… »