Les pigeons parisiens aiment trop le bouquet de tulipes de Jeff Koons

Les services de la Ville n’ont pas attendu un tweet alertant d’éventuelles fissures sur l’œuvre polémique à 3 millions d’euros pour vérifier à la perche télescopique la présence de fientes.

 Cours de la Reine (VIIIe). Des fissures sont apparues sur la sculpture monumentale
Cours de la Reine (VIIIe). Des fissures sont apparues sur la sculpture monumentale LP/B.H.

La Ville est aujourd'hui formelle. Point de fissures sur le bouquet de Tulipes de Jeff Koons, la sculpture controversée offerte par l'artiste américain en hommage aux victimes des attentats de 2015, ne cesse de poser questions. « Ce sont bien de fientes d'oiseaux, claires et sombres, qui créent une illusion d'optique », affirme Mathieu Rousset-Perrier, conservateur du patrimoine en charge de la statuaire publique.

Depuis vendredi, un amateur d'art parisien a allumé une vive polémique. « En sortant du Petit Palais, je suis allé voir les aménagements réalisés autour de cette œuvre monumentale. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'ai découvert que deux des doigts de la main qui tient le bouquet étaient déjà fissurés », souligne Guillaume Giraudon, communiquant culturel de profession. Un Tweet pour alerter les services de la Ville. Le message est vu 84 000 fois et retweeté 300 fois.

Inspection à la perche télescopique

« Je n'ai pas attendu ce tweet pour faire des vérifications. Je me suis moi-même interrogé sur ces traces suspectes et sombre sur l'annulaire et l'auriculaire de la main tenant le bouquet de tulipe », indique le conservateur parisien. Une première visite le 9 septembre. Une seconde le lendemain. Les équipes de Jeff Koons sont également venues sur place avec une perche télescopique munie d'une caméra… « Il n'y a pas de doute », affirme l'expert.

Les interrogations étaient bien mal venues, moins d'un an après l'inauguration dans les jardins des Champs-Elysées, de cette sculpture en bronze, acier et aluminium peints, qui pèse près de 34 tonnes (plus de 60 avec son socle en calcaire d'Ile-de-France) et culmine à 13 mètres de haut. « Il est peu probable qu'une sculpture en bronze de cette taille puisse avoir ce type de défaut », se rassure encore l'expert parisien.

Outre le coût de l'œuvre – près de 3,5 millions d'euros – financée par le mécénat via le Fonds pour Paris (l'artiste n'a offert que le concept), c'est le projet d'emplacement initial, entre le musée d'Art moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo, qui avait alors été critiqué. Objet de vandalisme un mois seulement après son inauguration en grande pompe, les aménagements font aujourd'hui l'objet de critique… Le temps que la végétation prenne sa juste place.

Un nettoyage à la nacelle

« Nous avions prévu une opération de nettoyage juste avant la date anniversaire de son inauguration, le 4 octobre. Ce sera l'occasion de vérifier l'état exact de la sculpture avec des nacelles », précise encore la Ville. Une occasion, aussi, de dire pouce aux inquiétudes…