Les faux agents EDF avaient agressé Bernard Pivot

Le journaliste et homme de lettres, âgé de 85 ans, avait été agressé l’an dernier par un faux agent EDF qui s’était emparé de sa carte bancaire. La même équipe de voleurs récidivistes est soupçonnée d’avoir agressé deux autres personnes âgées.

 Le président de l’Académie Goncourt avait dû remettre sa carte bancaire au malfaiteur menaçant.
Le président de l’Académie Goncourt avait dû remettre sa carte bancaire au malfaiteur menaçant. LP/Olivier Arandel

De faux agents EDF qui parviennent à dérober la carte bleue de personnes âgées, le stratagème est tristement classique. Une équipe de quatre hommes, âgés de 28 à 30 ans, sont soupçonnés d'avoir, au printemps dernier, agressé trois personnes âgées à leur domicile de Paris et Créteil (Val-de-Marne) pour s'emparer de leur argent et de leur carte bancaire.

Trois de ces quatre hommes sont depuis en détention provisoire, et les investigations menées sous l'autorité d'un juge d'instruction seraient aujourd'hui presque terminées.

«C'est une série de faits particulièrement désagréable dans la mesure où ces hommes s'attaquent à des victimes vulnérables», souligne un magistrat. Selon nos informations, Bernard Pivot, le célèbre journaliste, fait partie de leurs victimes.

L'écrivain menacé avec une arme

Le 21 avril 2020 à Paris (IXe), un faux agent de la société d'électricité aborde un homme de 89 ans et lui propose de l'aider à monter ses courses dans son appartement. Une fois dans le logement, l'imposteur bouscule l'homme et lui dérobe sa carte bancaire. Il prend la fuite et rejoint un complice qui faisait le guet à l'extérieur. Grâce à la carte et son code, les deux hommes retireront de l'argent liquide.

Les enquêteurs du premier district de police judiciaire de Paris sont chargés des investigations et relient cette affaire avec une autre survenue le 14 mars 2020 dans la capitale. Ce jour-là, selon nos informations, un malfaiteur se fait passer pour un agent EDF et parvient à entrer au domicile de Bernard Pivot, 85 ans, qui revient de faire ses courses.

Cet homme se rend devant le compteur comme pour y faire une vérification avant de menacer l'écrivain avec une arme. Le voleur s'empare de la carte bancaire du défenseur des belles lettres avant de filer devant un distributeur pour retirer 1000 euros.

L'un des voleurs reconnu au casino d'Enghien

La même équipe semble être impliquée dans un troisième fait qui s'est déroulé du côté de Créteil (Val-de-Marne). Dans la nuit du 7 au 8 mars, une femme, âgé de 82 ans, a été surprise dans sa maison par deux bandits encagoulés. Les voleurs se sont emparés de 6000 euros et d'une carte bancaire avant de quitter les lieux à bord d'une Peugeot 307. Dans la foulée, au moins un des malfrats a été reconnu en train de jouer au casino d'Enghien (Val d'Oise).

Le 29 septembre dernier, après un gros travail sur la téléphonie, les fonctionnaires de la police judiciaire de Paris mènent une série d'interpellations. Ils arrêtent un premier suspect à Drancy (Seine-Saint-Denis), deux autres à Paris dans XVIIe et le XVIIIe arrondissement et le dernier est surpris à Clichy (Hauts-de-Seine). Ils sont connus pour trafics de stupéfiants, des vols avec violence ayant entraîné la mort et vol avec séquestration. Lors des perquisitions, les forces de l'ordre mettent la main sur près de 1500 euros et les quatre hommes sont placés en garde à vue à Paris.

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Devant les policiers comme lors de leurs auditions devant le juge d'instruction, certains vont reconnaître une partie des faits lorsque les bornages téléphoniques les mettent en cause et quand sont identifiés par les victimes. Et l'un d'eux va tout nier en bloc. Il sera remis en liberté sous contrôle judiciaire, alors que les trois autres sont toujours derrière les barreaux.