Le Covid-19 a déjà détruit près de 180 000 emplois en Ile-de-France

La région capitale a perdu en six mois le double de tous les emplois créés sur l’année 2019. Et les perspectives pour la fin de l’année restent pessimistes.

 Paris (75), le 5 octobre 2020. Le préfet a annoncé de nouvelles mesures restrictives pour les bars et restaurants pour lutter contre la pandémie de covid19.
Paris (75), le 5 octobre 2020. Le préfet a annoncé de nouvelles mesures restrictives pour les bars et restaurants pour lutter contre la pandémie de covid19. LP/Philippe de Poulpiquet

« La crise sanitaire a frappé de plein fouet l'économie francilienne ». C'est l'Insee, l'institut de la statistique, qui l'affirme dans son dernier bulletin de conjoncture, chiffres à l'appui. Et les conséquences sur l'emploi sont dramatiques. « En trois mois, au deuxième trimestre 2020, l'économie francilienne a perdu 78 000 emplois, explique Mustapha Touahir, directeur adjoint de l'Insee IDF. Auxquels il faut ajouter les 101 000 emplois perdus au 1 er trimestre ».

Au total, la crise du Covid a donc détruit 179 000 postes depuis le début de l'année. « Cette baisse de l'emploi salarié en Ile-de-France est supérieure à la moyenne nationale, précise Mustapha Touahir, et touche tous les secteurs. Les effectifs sont désormais en deçà de leur niveau de septembre 2017 ».

Les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration très touchés

Au sein du secteur tertiaire marchand hors intérim, l'hébergement-restauration perd encore plus d'emplois qu'au trimestre précédent : - 4,9 % après - 3,3 % au premier trimestre. Cela représente 15 000 emplois perdus dans la région en trois mois dans ce seul secteur d'activité. Fermés pendant le confinement, les bars et restaurants sont encore loin d'avoir repris une activité normale et l'horizon reste sombre.

La baisse est un peu moins forte dans le commerce (- 1,4 %), le transport et les activités immobilières (- 1,3 %). Dans l'industrie, elle s'élève à - 1,1 %. L'information-communication (- 0,9 %) ainsi que les activités financières et d'assurances (-0,8 %) font partie des secteurs qui résistent le mieux.

Dans le secteur de la construction, six entreprises franciliennes sur dix n'ont pas pu poursuivre leur activité pendant le confinement. Fin mars, l'Ile-de-France a concentré plus de la moitié des pertes d'emplois du bâtiment et des travaux publics (BTP) au niveau national. « Environ 2900 emplois de ce secteur perdus au 1 er trimestre pour 5200 sur l'ensemble de la France » calcule Mustapha Touahir.

La région capitale souffre également dans les domaines qui faisaient sa force avant la crise sanitaire. « Dans le contexte de la diminution de la demande mondiale, l'industrie francilienne est nettement fragilisée par une orientation plus importante à l'exportation, ainsi que par le poids des filières automobiles et aéronautiques particulièrement impactées par la crise » note l'Insee.

Et tous les départements sont concernés par ces pertes d'emplois, avec des chiffres allant de - 1,1 % dans le Val-d'Oise à - 1,6 % dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines. Les Hauts-de-Seine par exemple sont fortement impactés sur le secteur de l'information-communication, qui perd 3 000 emplois dans ce département. Cela représente 85 % des pertes d'emploi régionales dans ce secteur.