Incendie de la rue Erlanger : le combat d’une mère en souvenir d’Adèle, décédée à 31 ans

Pascale vit dans le souvenir de sa fille Adèle, qu’elle a accompagnée par téléphone dans ses derniers instants, et dans l’espoir de faire évoluer la réglementation des immeubles anciens.

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 Pascale veut se battre pour la sécurité des immeubles anciens, en mémoire de sa fille Adèle.
Pascale veut se battre pour la sécurité des immeubles anciens, en mémoire de sa fille Adèle. Dr

Deux ans après le drame du 4 au 5 février 2019, qui a coûté la vie à dix personnes, une commémoration sera organisée ce vendredi rue Erlanger ( Paris XVIe). A cette occasion, Le Parisien a rencontré trois femmes dont les vies ont basculé au cours de cette nuit atroce : Julie, qui ne veut pas «gâcher cette chance» d'être en vie; Claire, qui «ne peut pas oublier ceux qui sont partis» et Pascale, qui combat pour le souvenir de sa fille Adèle, qu'elle a accompagnée au téléphone jusqu'au dernier moment.

«Nous sommes un sacré tandem», disait souvent Adèle à sa mère. Et c'est vrai que sur cette photo ensoleillée, beaux souvenirs des années heureuses, Adèle, 31 ans, et sa mère Pascale, sont rayonnantes, complices. Jusqu'à cette dernière nuit atroce du 4 au 5 février 2019. Ensemble jusqu'à la fin, au téléphone alors qu'Adèle tentait d'échapper aux flammes, sur son balcon, au dernier étage de cet immeuble où la jeune femme vivait depuis 7 ans, non loin de sa mère.

«Dans une de ses dernières phrases avant de mourir, lors de l'échange téléphonique d'une heure pendant l'incendie, je lui ai dit que je ne pourrais pas lui survivre. Et sa réponse fut : Maman chérie, le plus beau cadeau que tu peux me faire est de vivre. Alors, un pas devant l'autre, j'avance, je n'ai pas le choix», révèle cette femme courageuse qui tente de survivre.

«Il faut que ce drame serve pour l'avenir»

«C'est très dur de perdre une fille unique. Que j'ai élevé seule. C'est insoutenable. Alors il faut que ce drame serve pour l'avenir», lance-t-elle dans un élan de rage. Son combat aujourd'hui, avec des élus du XVIe, c'est la sécurité des immeubles anciens. «La réglementation n'impose pas d'avoir des extincteurs à tous les étages. Dans cet immeuble, ils avaient été retirés, quelques années auparavant, lors d'une rénovation. S'il y en avait eu, le feu ne se serait pas propagé», assure-t-elle pour que cela ne se reproduise plus. «Ils ont tant souffert en mourant dans ce brasier. Cela ne doit pas se reproduire.»

Et puis il y aura le procès tant attendu : «Ce n'est pas de la revanche. Ce n'est pas de la vengeance. Mais là aussi, il faut ce procès pour que celle qui a commis l'horreur, ne recommence pas.»