Incendie de la rue Erlanger : Claire va poser «un bouquet pour chaque voisin disparu»

Ce vendredi matin, Claire mettra du lierre sur la porte du 17 bis rue Erlanger (XVIe). Et dix bouquets de fleurs. Un pour chaque victime. A 9h30, la cérémonie en présence du maire du XVIe sera simple et profonde.

 Claire veut rendre hommage aux victimes et aux familles. Elle fleurira à nouveau la porte de l’immeuble.
Claire veut rendre hommage aux victimes et aux familles. Elle fleurira à nouveau la porte de l’immeuble. DR

Deux ans après le drame du 4 au 5 février 2019, qui a coûté la vie à dix personnes, une commémoration sera organisée ce vendredi rue Erlanger ( Paris XVIe). A cette occasion, Le Parisien a rencontré trois femmes dont les vies ont basculé au cours de cette nuit atroce : Julie, qui ne veut pas «gâcher cette chance» d'être en vie; Claire, qui «ne peut pas oublier ceux qui sont partis» et Pascale, qui combat pour le souvenir de sa fille Adèle, qu'elle a accompagnée au téléphone jusqu'au dernier moment.

«Oui, il faut faire une cérémonie de souvenir. Parce que l'on n'oublie pas les pompiers qui nous ont sauvés, les voisins disparus, les familles dans la douleur. On ne peut pas oublier ceux qui sont partis. Je les ai vus. Je les ai entendus partir.» Claire, 38 ans, souffre encore dans son corps de ce drame de cette nuit de feu et de cris.

Ce soir-là, elle a eu les bons réflexes : «Chacun a fait comme il a pu. J'ai suivi mon instinct.» Elle est passée d'un balcon à un autre et encore un autre jusqu'à trouver refuge contre un petit bout de mur, sans fenêtre. Sans les flammes qui jaillissaient.

«J'aimais beaucoup ma vie d'avant»

Sauvée. Mais toujours blessée dans son cœur. «Je n'ai pas pu rester à Paris. Je suis retournée près de mes parents à Orléans (Loiret). Et je suis toujours à mi-temps thérapeutique à 70 %», explique-t-elle.

Dans cette nuit d'horreur elle le dit : «J'ai tout perdu. J'aimais beaucoup ma vie d'avant.» Alors elle lutte avec elle-même. Elle s'accroche à ceux qui l'ont aidée : cette femme médecin qui l'a accueilli chez elle une fois à l'abri. Sa famille. Ses anciens voisins regroupés sur WhatsApp.

L'année dernière, elle avait apporté dix couronnes et des petits anges. «Cette fois-ci, sur la porte, je veux mettre du lierre et dix bouquets. Un pour chaque voisin disparu. J'ai envie d'embellir cette porte qui nous rappelle tant de tristes souvenirs. Je veux que l'on essaie de se rassembler. De se retrouver un peu.» Claire en a tant besoin. A 9h30, ce vendredi, elle sera entourée d'anciens locataires, de proches, de voisins et du maire du XVIe pour un dépôt de gerbes.