Ile-de-France : seriez-vous inondé en cas de crue ?

Une carte interactive de l’Institut Paris Région propose aux Franciliens de visualiser l’impact de différents niveaux de crues sur leur logement, leur entreprise, leur commune et leurs services.

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Illustration. LP/Aurélie Foulon

Vous vous pensez à l'abri des inondations dans votre appartement au troisième étage ? Ou dans cette maison sur les hauteurs de la ville ? Pas si sûr, les conséquences d'une crue sont parfois là où on ne les attend pas.

Pour aider les Franciliens à y voir plus clair, l'Institut Paris Région met en ligne ce lundi une carte interactive pour simuler les inondations et leur impact en fonction des niveaux de crue. L'idée, à l'occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe ce mardi, est de « sensibiliser les usagers à se poser les bonnes questions avant que la crue n'arrive ».

Ile-de-France : seriez-vous inondé en cas de crue ?

Après le succès de l'application « baignade interdite » dédiée à la Seine et aux conséquences d'une crue centennale (la fameuse de 1910, qui a chaque année une chance sur 100 de se produire), la DRIEE (Direction Régionale de l'Environnement) et l'Institut Paris Région ont remis leurs compétences en commun. « Pour la première fois, une carte interactive permet de visualiser les impacts de la crue des quatre grandes rivières d'Île-de-France : la Seine, la Marne, l'Oise et le Loing », décrit l'Institut Paris Région.

Mieux connaître le risque et l'anticiper

Concrètement, « cette cartographie dynamique permet à tous les riverains de ces cours d'eau de savoir, en fonction de leur adresse, quelle sera la hauteur d'eau estimée à cet endroit, en fonction de différents niveaux de crue. » Elle permet aussi de visualiser les impacts des inondations sur leur commune et sur certains équipements : écoles, hôpital, mairie, entreprises…

« La gestion de crise est particulièrement complexe quand elle concerne plusieurs centaines de milliers d'habitants, explique Ludovic Faytre, responsable des études risques et aménagement à l'Institut Paris Région. Pour être moins vulnérable, il faut connaître le risque et l'anticiper. Avant, on avait un scénario basé sur la grande crue de 1910. Mais d'autres, peut-être moins dures, peuvent avoir un impact important. »

Grâce à cette carte, on peut cliquer sur n'importe quel lieu en Ile-de-France et visualiser instantanément la montée des eaux. « L'image d'une vitrine de magasin avec les niveaux d'eau qui varient en fonction du niveau de la crue permet de donner une image claire d'une zone inondable, expose Simon Carrage, géomaticien cartographe (voir ci-dessous). Ensuite, on s'intéresse à son environnement : là où il habite et là où il travaille, le nombre d'habitants, le nombre d'entreprises. On y a ajouté les équipements : la santé, les écoles, les transports… Et les installations classées pour la protection de l'environnement, car il y a des répercussions possibles avec des effets domino quand arrive l'eau. » En plus des gares et des métros, la carte mentionne désormais les ponts franciliens, « dont la plupart ne sont pas en zone inondable, mais leur accessibilité pose question ».

A côté de la carte interactive, on peut vérifier la hauteur d’eau que pourrait atteindre la crue grâce à cette image d’une vitrine de magasin./DR
A côté de la carte interactive, on peut vérifier la hauteur d’eau que pourrait atteindre la crue grâce à cette image d’une vitrine de magasin./DR  

A quelle hauteur surélever la machine à laver au sous-sol ? « Et comme les crues franciliennes, contrairement à celles du Sud, sont lentes mais plus longues, on a le temps de voir l'eau monter et s'adapter », insistent les spécialistes. Et prévoir ainsi à quelle hauteur surélever la machine à laver au sous-sol pour être définitivement tranquille par exemple. Les entreprises aussi pourront, de la même façon, adapter leur organisation des locaux. Et même voir plus grand, en terme d'aménagement. « Dans le cadre du Grand Paris et face à un risque qui est majeur avec des crues qui peuvent durer plusieurs semaines, cela permet de mener une réflexion sur la façon de construire pour permettre aux gens de vivre chez eux malgré la crue, ambitionne Ludovic Faytre.

Les retours d'expérience ont montré qu'on peut se passer d'électricité mais que la privation de toilettes et toutes les questions d'assainissement sont beaucoup plus mal vécues par les habitants. Autre exemple : selon une étude du conseil départemental de l'Essonne, il faudrait dix-huit mois pour remettre en état un collège inondé. C'est donc à prendre en compte dans le cahier des charges des nouvelles constructions. »

Prochain objectif, « approfondir la cartographie pour pouvoir dire à quels niveaux d'eau les réseaux de chauffage urbain, d'électricité ou de gaz seront impactés », complète Alexandre Leornardi, chef du service prévention des risques et des nuisances à la DRIEE.

Carte interactive à retrouver sur www.institutparisregion.fr