Il y a un an, Michou disparaissait : «Je pense à lui tous les jours», confie son compagnon

Un an après le décès du «Prince bleu de Montmartre», le 26 janvier 2020, Erwan Toularastel s’est recueilli ce mardi sur la tombe du célèbre patron de cabaret au cimetière Saint-Vincent, à Paris (18e).

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 Cimetière Saint-Vincent, à Paris (18e), ce mardi. «Je suis sûr qu’il me protège», déclare Erwan Toularastel, son compagnon.
Cimetière Saint-Vincent, à Paris (18e), ce mardi. «Je suis sûr qu’il me protège», déclare Erwan Toularastel, son compagnon. LP/Philippe Baverel

« Michou n'aurait pas supporté ce qui se passe aujourd'hui, les confinements, la fermeture des cafés-restaurants… Je ne l'imagine pas rester cloîtré chez lui alors que tous les dimanches, nous allions écouter l'accordéon à La Mascotte, rue des Abbesses (Paris, 18e)! Il avait du nez, alors il est parti avant », confie Erwan Toularastel qui a partagé les vingt dernières années du « Prince bleu de Montmartre », selon le titre de son autobiographie parue en 2017 (éditions du Cherche-Midi, 18 euros).

Un an jour pour jour après la disparition de son ami le 26 janvier 2020 à l'âge de 88 ans, Erwan est venu se recueillir sur sa sépulture, dans le petit cimetière de Saint-Vincent (18e). Couverte de fleurs, parmi lesquelles violettes et jacinthes bleues, couleur préférée du célèbre patron de cabaret, se taillent une place de choix, la tombe de marbre gris est surmontée du buste du défunt, encadré par deux splendides camélias rouges. Sur le côté gauche, un magnolia bourgeonne déjà… Clin d'œil au mode de vie légendaire du roi de la nuit montmartroise, une bouteille de champagne sert de vase à deux roses violettes.

Michou, ici dans son cabaret entouré des Michettes, des artistes transformistes. Le Parisien
Michou, ici dans son cabaret entouré des Michettes, des artistes transformistes. Le Parisien  

Tout d'azur vêtu, même s'il assure « ne pas l'avoir fait exprès », Erwan, 65 ans, parle du deuil très simplement : « C'est un grand vide pour moi. Vous ne passez pas 20 ans avec un personnage comme lui sans garder plein de souvenirs. Je pense à lui tous les jours que Dieu fait. » Evoquant « l'humour dont il a fait preuve jusqu'au bout », le sexagénaire se rappelle le dernier soir, la veille de son hospitalisation, où Michou qui avait du mal à marcher, est venu au cabaret : « Aux spectateurs à l'entrée qui lui faisaient part de leur bonheur de le voir, il a répondu : Non, Michou, il est à l'intérieur. Là, c'est sa grand-mère ! »

Une succession difficile à régler

A demi-mot, Erwan, qui a deux enfants et quatre petits-enfants, reconnaît que la succession n'a pas été facile. Michou avait désigné deux héritiers : sa sœur Micheline, 85 ans, et lui-même. Comme les deux hommes n'étaient ni mariés ni pacsés, il a fallu vendre le grand appartement avec terrasse et vue sur tout-Paris pour régler les frais de succession. Désormais dirigé par Catherine Jacquart, la nièce de Michou, le cabaret du 80, rue des Martyrs (18e) a rouvert le 10 septembre 2020, avant de fermer à nouveau en octobre en raison de la crise sanitaire.

Michou voulait-il que son établissement, qui emploie une trentaine de salariés, lui survive ? « Refusant la polémique », Erwan renvoie au livre du « Prince bleu de Montmartre » qui écrivait : « Lorsque j'aurai tiré ma révérence, je souhaite que mon cabaret ferme définitivement ses portes. »

Du champagne sur la tombe de Michou

Retraité, le compagnon de Michou, qui dans une vie antérieure fut restaurateur à Perros-Guirec (Côtes-d'Armor) sous l'enseigne « Le homard bleu » (ça ne s'invente pas !), vit toujours dans le 18e. Discret, il n'a pas participé à la messe célébrée pour le défunt ce dimanche 24 janvier à Saint-Jean de Montmartre (18e), l'église où furent célébrées les funérailles en présence de Brigitte Macron, Amiénoise comme… Michou ! Ce catholique conclut : « Je suis sûr qu'il me protège, comme ma maman. »

En mémoire de cette figure de la nuit parisienne, Rosario, infirmière retraitée, et Chantal, gardienne d'immeuble dans le 18e, ont bu une coupe de champagne lundi après-midi devant la tombe. « Michou, les bulles, Montmartre, c'est un cocktail inoubliable ! », s'exclame Rosario. Venu de Vélizy (Yvelines), Franck, 45 ans, a apporté un grand bouquet de fleurs de lys. Habitué du cabaret, il se souvient y être retourné en septembre dernier : « Rien n'a changé. Les Michettes (NDLR : artistes transformistes faisant le spectacle) sont toujours là. Mais Michou est parti… »

 
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