Et bientôt davantage de micocouliers de Provence dans les rues de Paris

Conséquence directe du réchauffement climatique et des épisodes de canicule à répétition, la mairie étudie les essences d’arbres qu’elle devra favoriser ou éliminer pour ses projets de végétalisation.

 Pour ses futurs projets de végétalisation, la mairie de Paris attend les résultats d’une étude lancée il y a un an pour connaître les essences qui résistent le mieux à la chaleur et rafraîchissent le plus les rues.
Pour ses futurs projets de végétalisation, la mairie de Paris attend les résultats d’une étude lancée il y a un an pour connaître les essences qui résistent le mieux à la chaleur et rafraîchissent le plus les rues. LP/B.H.

Ils tournent et tournent encore dans les parcs et jardins, dans les bois... Les spécialistes du service de l'arbre scrutent avec vigilance les arbres de la ville de Paris. « Des diagnostics sanitaires sont faits régulièrement », explique Christophe Najdovski, nouvel adjoint chargé des espaces verts. Avec les épisodes répétés de canicule cet été, l'idée est de veiller à ce qu'aucun arbre affaibli par ces chaleurs ne menace de se briser ou que des branches ne tombent. « Si un arbre est jugé dangereux, on l'abat », précise l'adjoint.

En cette rentrée, aucune situation critique n'a encore été relevée. Mais les services de la propreté ont déjà dû assurer un premier ramassage de feuilles avant l'arrivée de l'automne : signe que la canicule oblige les arbres à s'adapter. «Les platanes ont perdu leurs feuilles plus tôt pour éviter d'épuiser leur réserve d'eau » explique Christophe Najdovski. Une réaction d'autodéfense en quelque sorte pour résister au mercure qui reste encore haut en cette mi-septembre.

Conséquences de la canicule

Mais si les platanes s'adaptent pour résister à la canicule, d'autres essences pourraient, elles, finir par dépérir. « Il est encore trop tôt pour avoir un recul réel sur les conséquences de des épisodes de canicule des dernières années », explique l'adjoint des espaces vert. En attendant, la ville a d'ores et déjà lancé une étude sur 36 essences différentes pour voir lesquelles résistent le mieux à la chaleur. « Et celles qui rafraîchissent aussi davantage les rues. La végétalisation est un vrai levier pour rendre la ville plus résiliente face au changement climatique », insiste Christophe Najdovski.

Les noisetiers de Byzance envisagés

Les conclusions de l'étude devraient être rendues l'an prochain. On sait déjà que les micocouliers de Provence ou encore les noisetiers de Byzance sont particulièrement bien adaptés aux sol et climat parisiens. La ville a aussi déjà noté que les bouleaux étaient à proscrire pour limiter les allergies respiratoires chez les plus jeunes notamment. L'étude du service de l'arbre permettra à la mairie de Paris de cibler les essences qu'elle plantera lors de ses futures opérations de végétalisation.

170 000 arbres à planter

«170 000 arbres vont être plantés durant cette nouvelle mandature. Tous les espaces possibles seront utilisés : les talus du périphérique, les espaces libérés par les suppressions de places de stationnement, des parcelles de bois qui seront densifiées... » énumère l'adjoint.