Des oiseaux (en papier) dans le métro parisien pour égayer le quotidien

L’artiste Emma Dancolt suspend des origamis dans les wagons de la RATP… pour le plus grand bonheur des usagers.

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 Emma Dancolt accroche des oiseaux en papier dans le métro pour égayer la journée des usagers.
Emma Dancolt accroche des oiseaux en papier dans le métro pour égayer la journée des usagers.  LP/Lola Dhers

Lorsqu'on lui envoie un message sur les réseaux sociaux, c'est le plus souvent pour le remercier de la « poésie » du moment. L'artiste et musicien Emma Dancolt (c'est un pseudonyme) entend, depuis un an déjà, mettre un peu de bonne humeur dans le métro parisien. Comment? En accrochant aux barres des wagons des oiseaux en papier qu'il confectionne et peint en y apposant son nom d'emprunt. Des sortes de « cartes de visite » qu'il numérote. En 2020, il en a posé jusqu'à 1 500.

Ce samedi, Emma Dancolt suspend même l'un de ses origamis devant le café Fluctuat Nec Mergitur de la place de la République dans le Xe arrondissement. Ce grand gaillard de 33 ans, aux yeux bleus et au large sourire, s'apprête à effectuer l'une de ses « sessions » qu'il cale par-ci par-là dans ses journées : direction la station Strasbourg Saint-Denis pour emprunter la ligne 4 et tenter de palier à la morosité des transports parisiens.

Le jeune homme de 33 ans entend mettre un peu de « poésie » dans les transports parisiens. LP/Lola Dhers
Le jeune homme de 33 ans entend mettre un peu de « poésie » dans les transports parisiens. LP/Lola Dhers  

La démarche de celui qui enregistre en ce moment un album de chansons françaises à Besançon (Doubs) s'inscrit dans ce qu'il souhaite être un « ensemble ». Diplômé d'un CAP charpentier, Emma Dancolt a aussi installé une balançoire sur l'île de la Cité. « J'aime l'idée d'avoir un impact sur la ville » explique celui qui a également fait une école de design à Glasgow, en Ecosse. Sa volonté d'égayer Paris se veut également écologique puisqu'il n'utilise que du papier qui a déjà servi : des livres qu'il n'a pas aimés ou qu'il a trouvés dans la rue. Certains oiseaux sont par exemple le résultat de pages arrachées de la… Constitution de la Ve République.

Avant de s'engouffrer dans une rame de métro bondée, Emma Dancolt pose son casque sur les oreilles et met à fond de la musique « introspective », des « trucs assez intenses, planants » comme de la techno berlinoise. Il est alors dans sa bulle et donc prêt pour accrocher ses origamis sans se soucier du regard des gens. Il l'admet, « c'est toujours un peu angoissant ».

Pourtant, les réactions des usagers des transports en commun sont la plupart du temps positives. Lorsqu'ils lèvent la tête, l'air est, certes, d'abord dubitatif. Mais l'on devine vite des sourires sous les masques. En ce matin grisâtre de février, un homme s'exclame tout haut : « c'est original, ça me plaît ! J'en offrirai un à ma petite fille ». Très vite, les réactions sur Instagram affluent aussi : une jeune fille vient de poster une story des oiseaux. Dans les couloirs du métro, Emma Dancolt se réjouit avant de retourner donner aux Parisiens « un moment de détente », « trois minutes pendant lesquelles on se laisse divaguer et on ne pense à rien ».

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A la fin de la journée, le jeune homme a récolté de nombreux messages d'inconnus qui le remercient d'avoir égayé leur journée. Ce samedi-là, c'est inédit : même un conducteur de métro se réjouit et lui envoie sur Instagram : « Merci d'avoir bien décoré mon train sur la ligne 5 […]. C'est sympa de m'avoir cassé ma routine ».

Les réactions des Parisiens aux oiseaux dans le métro sont pour la plupart très positives. LP/Lola Dhers
Les réactions des Parisiens aux oiseaux dans le métro sont pour la plupart très positives. LP/Lola Dhers