Covid-19 : Joël et Sarah devaient célébrer leur mariage à Paris, pourront-ils se dire «oui» ?

Ce jeune homme de 26 ans et sa compagne, qui vivent à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), sont dans l’incertitude face à la recrudescence de l’épidémie et aux nouvelles restrictions concernant les rassemblements…

 Illustration. Face aux nouvelles restrictions contre le Covid, une incertitude flotte sur la tenue des rassemblements privés...
Illustration. Face aux nouvelles restrictions contre le Covid, une incertitude flotte sur la tenue des rassemblements privés... LP/Matthieu de Martignac

« On est dans le désarroi le plus total », confie dépité Joël, 26 ans. En regardant l'allocution du ministre de la Santé, Olivier Véran, mercredi soir, ce jeune habitant de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) et sa compagne Sarah* (le prénom a été modifié à sa demande) ont appris sidérés que leur mariage, prévu les 13 et 14 octobre et qu'ils préparent depuis six mois, était sérieusement compromis.

Parmi les mesures annoncées pour freiner la progression du Covid-19, le ministre de la Santé a annoncé l'interdiction des mariages de plus de 30 personnes dans les zones d'alerte dès ce samedi. Et pour les zones d'alerte renforcée, où figurent Paris et les départements de petite couronne, il a prononcé pour quinze jours à partir de lundi la fermeture pure et simple des salles des fêtes et polyvalentes, renvoyant la tenue des fêtes familiales à domicile.

« On organise, on perd des journées de travail, on dépense des milliers d'euros, pour finir comme ça, dans l'incompréhension, du jour au lendemain » se désole Joël, qui s'avoue « complètement perdu » face aux différentes annonces ministérielles.

«Chacun se renvoie la balle ! Je n'ai aucune information»

Jeudi soir, le couple cherchait toujours à savoir si les cérémonies à la mairie de Charenton-le-Pont (déjà limitée à 20 personnes) et à la synagogue suivies de la fête, à laquelle sont conviées 150 personnes dans une salle qu'il loue dans le XVIIe arrondissement de Paris, étaient formellement interdites.

Le couple doit se marier en mairie de Charenton-le-Pont, la ville où ils habitent, dans le Val-de-Marne. LP/Jean-Baptiste Quentin
Le couple doit se marier en mairie de Charenton-le-Pont, la ville où ils habitent, dans le Val-de-Marne. LP/Jean-Baptiste Quentin  

« J'ai appelé la préfecture de police, la préfecture de Paris, la Ville de Paris et même le ministère de la Santé, chacun se renvoie la balle : je n'ai aucune information, souffle Joël. On ne veut pas encore annuler : on s'accroche à un petit espoir. Est-ce que le salon privé où doit se tenir la soirée est considéré comme une salle des fêtes ? Eux-mêmes ne savent pas même s'ils doivent annuler même s'ils nous disent que c'est mal embarqué. »

«On est dans l'attente et complètement abattus»

Le jeune homme admet ne pas comprendre cette nouvelle restriction. « Que les gens soient serrés comme des sardines dans des rames de métro mal ventilées, ça ne gêne personne, alors que les risques de propagation sont plus élevés qu'à une fête privée où les gestes barrière seraient respectés », fait valoir Joël.

Ce dernier a signé des clauses auprès de ses prestataires pour pouvoir décaler son mariage jusqu'à un an après la date prévue mais s'imagine déjà perdre de l'argent, ne serait-ce qu'à cause des cartons d'invitation qui seront probablement à refaire. « On est dans l'attente et complètement abattus », conclut-il.