Contrôles du couvre-feu à Paris : «Tout le monde a son attestation, c’est encourageant»

Les policiers ont patrouillé dans les quartiers festifs autour de la Bastille samedi soir. Seulement trois infractions ont été relevées au cours de l’opération.

Samedi, une quinzaine de policiers ont quitté le commissariat du XIe arrondissement de Paris à 21 heures précises en direction des rues les plus animées du quartier de la Bastille. Ils sont chargés de faire respecter les mesures sanitaires complémentaires mises en place dans le cadre du c ouvre-feu. Une mesure effective depuis vendredi à minuit, dans Paris, sa région et huit autres métropoles, de 21 heures à 6 heures pour 4 à 6 semaines.

Les policiers se séparent en deux groupes et remontent à pied la rue Ledru-Rollin tandis que d'autres équipages partent à bord de véhicules. « Le but du dispositif est de vérifier si les bars et les restaurants sont bien fermés à 21 heures et si les gens qui se trouvent sur la voie publique ont un motif légal pour être dehors à cette heure », explique le commissaire Christophe Guénard, en remontant la rue Ledru-Rollin.

Une femme et une adolescente poussant une valise arrivent à la hauteur de la patrouille. Elles expliquent qu'elles viennent de sortir du train et tendent leurs billets. Après vérification de l'heure d'arrivée, cette mère et sa fille sont invitées à rentrer chez elles au plus vite. « Dès lors que vous pouvez prouver que vous allez prendre votre moyen de transport ou que vous arrivez de voyage, vous avez une raison valable d'être sur la voie publique pendant le couvre-feu. C'est pourquoi nous ne les avons pas verbalisées », explique le commissaire.

Dans cette grande artère, les voitures sont plutôt rares. On croise quelques livreurs à vélo, des taxis, un scooter qui fait demi-tour à la vue des policiers, des ambulanciers qui ne seront pas contrôlés car les personnels médicaux et paramédicaux ont le droit d'être dehors pendant le couvre-feu et des personnes promenant leur chien. Parmi les passants, la majorité sont des salariés qui viennent de finir leur journée et qui rentrent chez eux. Tous ont une attestation en règle.

Ce n'est pas le cas de cet homme, masque sur le menton et l'air hébété, contrôlé vers 21h30. Il affirme avoir raté son bus et n'a pas d'attestation. Il manque d'écoper d'une convention de 135 euros mais finalement il sera sauvé par l'arrivée impromptue d'un bus. Les policiers le laissent alors monter à bord sans le verbaliser, mais après lui avoir rappelé la règle du couvre-feu.

Encore deux clients dans le restaurant

Le gérant d'un restaurant, lui, aura moins de chance. Voyant de la lumière, les policiers sont entrés dans son établissement. Il n'y avait plus de clients. Mais l'établissement aurait dû être fermé. « Nous lui avons fait une mise en demeure et il fera l'objet d'une surveillance particulière. On passera tous les soirs », commente le commissaire. Un autre restaurateur, lui, écopera d'une amende car il restait encore deux clients dans la salle et encore beaucoup de travail pour remettre la cuisine en ordre. « On a eu beaucoup de monde «, justifie le jeune commis en enfourchant son vélo pour rentrer chez lui, avec une attestation de son employeur en poche.

Un peu plus loin, ce sont des SDF qui attendent l'arrivée de la maraude pour avoir de quoi manger. « Bien sûr il n'est pas question de les verbaliser car la contravention n'apportera rien. En revanche, on les sensibilise au risque d'être dehors et on leur rappelle qu'ils doivent mettre correctement leur masque », explique le commissaire.

La rue de Lappe déserte

D'ordinaire bondée le samedi soir, la rue de Lape, dite la rue de la soif, est étonnamment déserte. Pas d'âme qui vive ! « Je suis impressionné par le peu de monde qui se trouve dehors et l'intérieur des établissements. L'essentiel des cafés et restaurants sont fermés. A Bastille, un samedi soir à 22 heures, je n'ai jamais vu ce quartier comme ça, à part pendant le confinement. Toutes les personnes que nous avons contrôlées ont de bonnes raisons d'être dehors. Et ont toutes des attestations. C'est encourageant. Mais nous allons continuer notre mission », commente le commissaire. Seules 3 contraventions ont été dressées pendant la soirée.

A Paris et en petite couronne, 1350 policiers sont mobilisés sur cette mission en plus des effectifs qui travaillent habituellement de nuit.