Bientôt une place ou une rue Samuel Paty à Paris

Ce mardi matin, sur la proposition du groupe Paris En Commun, le Conseil de Paris a décidé de donner le nom du professeur assassiné par un terroriste islamiste à un lieu parisien.

 Samuel Paty était professeur au collège du Bois d’Aulne. Il a été décapité par un terroriste pour avoir montré et évoqué les caricatures de Charlie Hebdo.
Samuel Paty était professeur au collège du Bois d’Aulne. Il a été décapité par un terroriste pour avoir montré et évoqué les caricatures de Charlie Hebdo. Ville de Conflans-Sainte-Honorine

Après la cérémonie nationale le 21 octobre, Samuel Paty, le professeur d'histoire géographie assassiné à Conflans-Sainte-Honorine au mois d'octobre par un terroriste, aura son nom sur une plaque de rue, de place, dans un jardin… de la capitale. C'est le groupe Paris En Commun, présidé par le socialiste Rémi Féraud, qui a fait cette proposition. «La force du symbole le nécessite et peut nous réunir », a souligné le sénateur socialiste alors que quelques minutes plus tôt, en ouverture de séance du Conseil de Paris, les élus de Paris ont respecté une minute de silence en mémoire du professeur assassiné pour avoir montré, dans le cadre d'un cours sur la laïcité, des caricatures du prophète Mahomet.

Un débat et des couacs

La proposition du groupe PEC a été votée à l'unanimité. Mais une petite dissonance a quelque peu crispé la maire de Paris et semé la confusion sur les bancs de l'hémicycle. Les élus écologistes, par la voix de leur présidente de groupe Fatoumata Koné, ont regretté que le Conseil de Paris ne respecte pas la règle selon laquelle la décision de la dénomination d'un lieu parisien ne doit pas être prise dans la précipitation et qu'il faut attendre cinq années écoulées après le décès d'une personne pour que la capitale lui rende hommage en donnant son nom à un lieu parisien.

Une réserve que la maire de Paris n'a pas franchement appréciée. Anne Hidalgo a regretté que cette remarque de la présidente du groupe EELV « sur un événement aussi majeur que la décapitation d'un professeur dans le cadre d'un attentat terroriste » ne permette pas à l'ensemble des élus de se retrouver.

Les écologistes pointés du doigt à tort ?

Puis le décompte des voix a annoncé de façon un peu confuse, 141 votes et 20 abstentions. Des abstentions que plusieurs élus de droite ont immédiatement attribuées aux écologistes au vu de l'intervention de leur présidente. Sur Twitter et en coulisses plusieurs se sont « émus » de cette position. Les maires (LR) des XVIe et XVIIe ont vite fustigé le vote des écologistes Geoffroy Boulard qualifiant de « honteuse » l'attitude des élus verts. « Ce vote démontre que le combat contre l'islamisme ne fait pas l'unanimité à Paris. Anne Hidalgo doit clarifier ses alliances d'urgence »

A ceci près qu'il y a eu « une erreur technique » dans le décompte des voix comme nous l'a rapidement précisé la ville de Paris. « Nous avons voté pour le vœu de Rémi Féraud. Nous avons juste fait un rappel au règlement sur le délai de 5 ans », insiste pour sa part Fatoumata Koné, la présidente du groupe écologiste de Paris. « Cette polémique de la droite est nauséeuse », enrage David Belliard, ex candidat EELV à la mairie de Paris et adjoint d'Anne Hidalgo chargé des déplacements.

Le maire du XVIe Francis Szpiner a finalement précisé sur Twitter « in fine les verts ont majoritairement voté pour. Dont acte ».