Collectes de sang à Paris : sauvez des vies malgré le confinement

Les besoins en sang des patients ne s’arrêtent pas avec le confinement, l’Établissement français du sang appelle les donneurs à se mobiliser, pour une démarche autorisée et sans aucun risque.

 Mairie du XIIIe, jeudi après-midi. plus de 80 personnes se sont adaptées jeudi à ce nouveau mode de don, faute de collectes mobiles
Mairie du XIIIe, jeudi après-midi. plus de 80 personnes se sont adaptées jeudi à ce nouveau mode de don, faute de collectes mobiles LP/Élodie Soulié.

Cocher la 4e case d'une attestation de déplacement, celle que justifie « l'assistance à personne vulnérable », peut sauver 3 vies : elle vous permet de donner votre sang. De continuer à donner pour répondre aux besoins qui eux, ne se mettent pas en veille pour cause de confinement.

Collectes suspendues, stocks sur le fil, donneurs moins nombreux… Un mois après le cri d'alarme de l'Établissement français du sang (EFS), dont les réserves avaient plongé jusqu'au plus bas niveau depuis 10 ans, les professionnels oscillent aujourd'hui entre un « ouf » de soulagement prudent, et la crainte permanente de la pénurie.

Besoin de 1700 poches par jour

« Il faut 1 700 poches de sang par jour pour répondre aux besoins de Paris et d'Île-de-France, et sauver des patients pour lesquels la transfusion est vitale », souligne le Dr Vuillemur. En cause notamment : l'arrêt presque total des collectes mobiles, alors qu'elles représentent 80 % des dons. Le télétravail et le protocole sanitaire ont eu raison de ces collectes ponctuelles. Restent celles accueillies dans certains lieux publics, des mairies notamment, des centres fixes d'établissements hospitaliers et dans les 12 « Maisons du don « de Paris et d'Île-de-France.

Entreprises et campus désertés

« Nous n'avons pas pu remettre en place les collectes habituelles, confirme le Dr Michèle Vuillemur, médecin responsable des collectes. De nombreuses entreprises n'accueillent plus nos équipes mobiles car elles n'ont pas les locaux adaptés aux mesures sanitaires, et nous ne pouvons plus aller dans les universités… Il faut inciter les donneurs à venir sur les sites fixes, à faire cette démarche qui n'est pas aussi évidente que celle du don spontané, lorsque la collecte vient à vous. Nous en sommes conscients, mais il est très important de maintenir les dons, et se souvenir qu'ils ont une durée de vie limitée… ». Sept jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges… Leur renouvellement est fatalement suspendu à la régularité, mise à mal depuis le premier confinement.

Déconfinement scabreux, vacances d'été, rentrée douloureuse, reconfinement brutal… « Les gens doivent savoir qu'ils ont le droit de se déplacer pour le don du sang et qu'ils le feront en toute sécurité, insiste le Dr Vuillemur

Aucun risque de transmission de la Covid-19

Pour faire face à une mobilisation rendue paresseuse par le confinement, l'EFS part à nouveau en campagne et met l'accent sur la sécurité. « Il n'y a aucun risque de transmission de la Covid-19 par transfusion, et toutes les mesures de précaution sont prises, pour les donneurs et pour le personnel du don, souligne la médecin. Nous fournissons des masques chirurgicaux, du gel, la distanciation est assurée, et toutes les collectes se font sur rendez-vous par internet ( mon-rdv-dondesang.efs.sante.fr ) ou par l'application « don de sang ». Ce ne doit pas être un frein, au contraire, car la prise de rendez-vous est très simple, même à la dernière minute, et rien n'empêche les gens de venir spontanément sur une collecte si une place se dégage! »

Une sorte de volonté de rattrapage

Cette prise de rendez-vous, plus de 80 personnes s'y sont adaptées, en 3 heures ce jeudi à la mairie du XIIIe, où le cahier de rendez-vous d'une nouvelle salve de collectes mobiles a pu rassurer les professionnels. Dans les esprits, une sorte de volonté de rattrapage, comme Désiré, salarié de la Ratp, qui donnait « 3 fois par an jusqu'à l'année dernière, avant le Covid… Je sais que l'EFS est en manque de sang, alors je me suis décidé », sourit ce parisien de 28 ans. Derrière lui dans la file, Stéphanie est venue exprès du XIVe, « La collecte prévue dans ma mairie n'aura lieu que dans très longtemps, alors j'ai cherché sur le site où venir, explique cette maman de 3 enfants, à la fois motivée et…. terrorisée par le don. « Dans ma famille c'est une tradition, alors à chaque fois je suis malade mais j'y vais, sourit-elle, c'est important. Il faudrait peut-être que les gens soient plus informés de tous les lieux existants ». C'est l'objectif de l'EFS, qui en appelle au « réflexe web », https://dondesang.efs.sante.fr/

Stéphanie a fait la démarche

Mairie du XIIIe, jeudi après-midi. Stéphanie a fait la démarche de chercher un lieu de collecte et de prendre rendez-vous.LP/Élodie Soulié
Mairie du XIIIe, jeudi après-midi. Stéphanie a fait la démarche de chercher un lieu de collecte et de prendre rendez-vous.LP/Élodie Soulié