Ce projet va faire grimper d’un tiers le parc HLM dans le 7e arrondissement de Paris

Sur un ancien site du ministère de la Défense, à deux pas de l’Assemblée nationale, le chantier de 254 logements sociaux, d’un équipement sportif et d’une crèche va débuter dans les jours qui viennent.

 En 2023, le bailleur RIVP livrera 254 logements sociaux, un équipement sportif et une crèche de 68 berceaux à deux pas de l’Assemblée nationale.
En 2023, le bailleur RIVP livrera 254 logements sociaux, un équipement sportif et une crèche de 68 berceaux à deux pas de l’Assemblée nationale. RIVP

C'est une adresse prestigieuse qui à partir de la moitié du XIX e siècle et pendant des décennies a accueilli militaires et fonctionnaires du ministère de la Guerre puis de la Défense, partis depuis dans l'ultramoderne « Balardgone » du 15 e arrondissement de Paris.

Dans moins de trois ans, l'îlot Saint-Germain (7 e ) accueillera les premiers habitants d'un ensemble de 254 logements sociaux agrémenté d'un équipement sportif et d'une crèche de 68 berceaux. Ce jeudi après-midi, à l'occasion d'une visite, la RIVP (Régie immobilière de la Ville de Paris) a annoncé le lancement des travaux de réhabilitation pour 30 mois.

Un projet très symbolique sur cette parcelle coincée entre le boulevard Saint-Germain et la rue Saint-Dominique, à deux pas de l'Assemblée nationale et du musée d'Orsay, que le deuxième bailleur social de la capitale a racheté à l'Etat à un tarif préférentiel en mai 2018.

«Le 7e arrondissement passe de 2 % à 3 % de HLM contre 23,6 % en moyenne à Paris»

« En une seule opération, on va augmenter d'un tiers le nombre de logements sociaux dans le 7e arrondissement qui est la lanterne rouge dans ce domaine, se réjouit Ian Brossat, l'adjoint (PCF) au logement de la maire de la capitale. Le 7e passe de 2 % à 3 % de logements sociaux contre 23,6 % en moyenne à Paris. Il reste du travail. »

L’architecte François Brugel, Serge Contat, directeur général de la RIVP, et l’adjoint (PCF) au logement Ian Brossat. LP/Delphine Goldsztejn
L’architecte François Brugel, Serge Contat, directeur général de la RIVP, et l’adjoint (PCF) au logement Ian Brossat. LP/Delphine Goldsztejn  

Le projet de l'îlot Saint-Germain se veut respectueux de ces lieux chargés d'histoire dont les structures sont conservées. Côté rue Saint-Dominique, les bâtiments les plus anciens abriteront des appartements familiaux. « Dès qu'on le peut, on conserve l'existant : les parquets, les moulures, les cheminées », souligne François Brugel, l'un des architectes du projet. Au cœur de l'îlot, un bâtiment de bureaux datant des années 1970 sera lui découpé en petits logements prolongés de balcons.

Un chantier de 46 millions d'euros

Dans la cour centrale, le gymnase semi-enterré sera surmonté d'un jardin planté d'arbres. Une végétalisation que l'on retrouvera sur certaines toitures. « On crée un petit morceau de ville mais on rajoute aussi un morceau de nature dans un endroit qui était un carré de bitume », résume Serge Contat, directeur général de la RIVP. Les bâtiments bénéficieront également du dernier cri de rénovation thermique et on a poussé le détail écologique jusque dans le réemploi de certains matériaux. Les portes des anciens bureaux seront ainsi réinstallées dans les caves et les jolies pierres de certains escaliers réutilisées comme parements de murs.

Ce chantier emblématique d'un coût total de 46 millions d'euros auxquels il faut rajouter les 29 millions d'euros déboursés lors de l'acquisition des locaux, synonyme de « rééquilibrage territorial » des logements sociaux dans Paris, la Ville aimerait évidemment le dupliquer.

A l'époque, le rachat du site de l'îlot Saint-Germain avait été réalisé grâce à un dispositif de décote autorisé par la loi Duflot de 2014. « On aimerait relancer ces cessions de bâtiments de l'Etat mais le dossier est un peu en panne depuis 2017, regrette Ian Brossat. J'en ai touché un mot à la ministre (NDLR : du Logement, Emmanuelle Wargon) il y a quelques jours ».

10 % des logements réservés à des militaires

Du côté de la maire (LR) du 7e, on explique être « vigilant » sur ce programme de 254 HLM de toutes catégories (louées de six euros à 14 euros le mètre carré), dont 10 % seront réservés à des militaires. « Rachida Dati n'est pas opposée aux logements sociaux, bien au contraire, mais elle est pour une véritable mixité sociale, prévient Jean Laussucq, conseiller (LR) de Paris du 7e. On attend que ces logements bénéficient en priorité aux habitants de l'arrondissement qui en ont besoin et il y en a. On espère que leur attribution se fera dans la concertation avec l'Hôtel de Ville. »

Le 7e compte 700 ménages demandeurs de logements sociaux. Selon les derniers chiffres de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), il y en a 135 000 dans toute la capitale.