Cambriolages en série dans les kiosques à journaux parisiens

Depuis près de trois semaines, une trentaine de vendeurs de journaux ont été vandalisés. Aucun quartier de la capitale n’est épargné, de l’Opéra, au métro Anvers, du côté du cinéma le Grand Rex ou dans le quartier de Strasbourg-Saint-Denis.

 «Ce modèle de kiosque est bien plus solide que les anciens mais ce ne sont pas des coffres-forts », souligne Médiakiosk, la filiale de JCDecaux.
«Ce modèle de kiosque est bien plus solide que les anciens mais ce ne sont pas des coffres-forts », souligne Médiakiosk, la filiale de JCDecaux. M.-A. G.

Leur profession n'avait vraiment pas besoin de ce nouveau coup dur. Depuis près de trois semaines, une trentaine de kiosquiers parisiens ont été victimes de cambriolages. Le procédé est toujours le même : un trou percé dans la façade vitrée de leur point de vente dans lequel une personne se faufile pour pénétrer dans la boutique et dérober fonds de caisse et autres cartes de téléphone.

Depuis la fin du mois d’août, une trentaine de kiosques à journaux ont été cambriolés à Paris. Les kiosquiers reprochent à Médiakiosk de ne pas avoir assez sécurisé le nouveau modèle de kiosque. /DR
Depuis la fin du mois d’août, une trentaine de kiosques à journaux ont été cambriolés à Paris. Les kiosquiers reprochent à Médiakiosk de ne pas avoir assez sécurisé le nouveau modèle de kiosque. /DR  

Quartier de l'Opéra, métro Anvers, du côté du cinéma Le Grand Rex (2e), dans le quartier de Strasbourg-Saint-Denis aussi... «Les attaques ont lieu un peu partout », note Erwan, un des kiosquiers cambriolés.

La goutte d'eau en trop pour la profession

Pour cette profession, cette série de vols est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

«Après les samedis fermés pour cause de manifestations de gilets jaunes, le confinement et la crise qui s'ensuit... parfois on travaille pour à peine une vingtaine d'euros par jour alors si en plus on est cambriolés! », soupire le kiosquier qui après la Madeleine travaille désormais dans le quartier de l'Opéra Garnier. «On nous avait vendu un nouveau modèle de kiosque incassable... bonjour la solidité! Et personne pour nous aider! », soupire Erwan.

Des protections supplémentaires à l'étude

Chez Médiakiosk, la filiale de JCDecaux en charge de la gestion de ces kiosques dans la capitale, la direction assure s'être saisie du problème. Elle a mis à l'étude l'installation de matériel pour éviter les intrusions.

«Nous allons déployer des barres de sécurité pour les portes. Des parois en polycarbonate pour éviter que les vitres ne soient cassées sont par ailleurs en cours de test. Si leur efficacité est avérée, nous les ferons installer sur tous les kiosques mais cela prendra plus de temps», indique Marc Bollaert, directeur général de MédiaKiosk. A la clé quelques dizaines de millions d'euros pour procéder aux travaux.

«Ce modèle de kiosque est bien plus solide que les anciens mais ce ne sont pas des coffres-forts. D'ailleurs les voleurs arrivent même à s'introduire chez les bijoutiers parfois» soupire le directeur. «Une photo d'un voleur a été prise grâce à une caméra installée dans un kiosque. Nous espérons que cela aidera la police », ajoute Marc Bollaert.

Suite aux plaintes déposées, une enquête a été ouverte.

Une nouvelle génération installée dès 2018

Les premiers kiosques à journaux « nouvelle génération » ont été inauguré en avril 2018. Ils ont remplacent petit à petit les anciens, imaginés par Gabriel Davioud en 1857.

Pas moins de 360 kiosques devaient alors être déployés d’ici à juin 2019, à raison de 20 à 25 installations chaque mois. En métal, aluminium et verres recyclables, ces nouveaux espaces respectent une allure parisienne à l’extérieur avec la même emprise au sol.

A l’intérieur, plus spacieux et plus confortables, ils sont aussi mieux isolés pour les professionnels. De quoi diversifier l’offre avec la vente de cartes téléphone, de boissons ou de souvenirs. Pour Mediakiosk, ces kiosques permettent de faire face à la baisse du nombre de points de ventes de journaux dans la capitale.

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