«C’est une catastrophe !» : à Paris, une pétition contre la fermeture du Centre Pompidou

Le maire (PS) de Paris centre, Ariel Weil, a écrit au président du Centre Pompidou pour lui faire part de sa «consternation» et réclame une concertation avec les riverains, dont certains sont à l’origine d’une pétition.

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 «Le cœur du quartier Beaubourg bat au rythme du Centre Pompidou», souligne Ariel Weil, maire (PS) de Paris centre.
«Le cœur du quartier Beaubourg bat au rythme du Centre Pompidou», souligne Ariel Weil, maire (PS) de Paris centre. LP/Philippe Baverel

Riverains et commerçants n'acceptent pas la fermeture pour trois ans, de septembre 2023 à fin 2026, de Beaubourg pour cause de chantier de désamiantage et de remise aux normes. Refusant cette décision annoncée le 25 janvier par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, l'association pour la défense des riverains et l'animation du quartier des Halles vient tout juste de lancer une pétition. Nommée « Maintenons ouvert le Centre Pompidou pendant les travaux », elle a pour l'heure recueilli 70 signatures.

« Le temple parisien de l'art contemporain est aussi la clef de voûte d'un écosystème à Saint-Merri, aux Halles et dans le Marais, dont les acteurs économiques et culturels dépendent des flux de visiteurs de Beaubourg », observe le président de l'association, Emmanuel Duprat. Et de plaider pour que « le chantier soit réalisé sans fermeture, seule solution qui évitera le dépôt de bilan de centaines de commerces, déjà affaiblis par la crise sanitaire et par une série de lourds travaux (Forum des Halles, Samaritaine…). »

«De 1997 à 2000, j'avais perdu 40 % de mon chiffre d'affaires»

Patron depuis trente ans de la brasserie Le Petit Marcel, située rue Rambuteau, Franck Renaudin confie : « C'est une catastrophe ! Lors de la première vague de travaux qui avait déjà conduit à la fermeture de Beaubourg de 1997 à 2000, j'avais perdu 40 % de mon chiffre d'affaires. »

Rappelant que « le cœur du quartier Beaubourg bat au rythme du Centre Pompidou », Ariel Weil, maire (PS) de Paris centre, vient d'adresser un courrier à Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou, pour lui faire part de sa « consternation face à l'annonce unilatérale de cette fermeture, qui semble avoir été prise sans faire grand cas de l'environnement de l'établissement ».

Déplorant « l'absence de discussion, malgré [son] insistance », l'élu s'inquiète des « conséquences économiques et sociales possiblement dramatiques » d'une telle décision. Et conclut : « Il me paraît urgent que vous organisiez les rencontres tant attendues par les habitants, commerçants et élus locaux. »

Tout en se déclarant « bien sûr prêt à rencontrer habitants et commerçants, comme nous l'avons fait avec le chantier de changement de la chenille (NDLR : l'escalier mécanique en façade) qui doit s'achever en mai 2021 », Serge Lasvignes annonce que « rendez-vous est pris avec monsieur le maire de Paris centre ». Et affirme : « Les travaux sont inévitables. Le bâtiment finit par être en péril. Il en va de la sécurité des collaborateurs, des visiteurs et des œuvres. Nous n'avons pas le choix. Pour nous aussi, la fermeture, c'est la pire des choses. »

Une fermeture pour aller plus vite et coûter moins cher

Le président du Centre Pompidou confirme que deux scénarios ont été étudiés avec les entreprises : « En maintenant le centre ouvert, le chantier aurait duré sept ans, coûté un peu plus cher (226 millions d'euros, contre 200 millions d'euros) et, surtout, il n'aurait pas permis de désamianter complètement le site. »

Voilà pourquoi la décision a été prise de fermer Beaubourg pendant le chantier. « Même pour les commerçants, poursuit Serge Lasvignes, c'est plus intéressant de rouvrir de façon spectaculaire un Centre Pompidou flambant neuf plutôt que de prendre le risque de dégrader l'image d'un centre pluriculturel en perpétuel chantier. »

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Bonne nouvelle toutefois, la bibliothèque publique d'information restera ouverte pendant les travaux sur un autre site, « dans Paris intra-muros, de préférence dans Paris centre », précise Serge Lasvignes. Encore faut-il trouver les locaux de 10000 mètres carrés susceptibles de l'accueillir…