Oise : un «super campus» de 600 apprentis va voir le jour dans le château de Monchy-Saint-Eloi

La Chambre de commerce et d’industrie de l’Oise cherchait justement un lieu pour développer ses formations. En partenariat avec les collectivités concernées, elle devrait pouvoir accueillir 200 étudiants dès cette année.

 Le château de Monchy-Saint-Éloi devient propriété de la communauté de communes de la Vallée Dorée, qui partagera le site avec la commune  et la CCI de l’Oise.
Le château de Monchy-Saint-Éloi devient propriété de la communauté de communes de la Vallée Dorée, qui partagera le site avec la commune et la CCI de l’Oise. LP/Simon Gourru

Pour les habitants de Monchy-Saint-Éloi, le château de la commune a toujours été « un lieu de frustration », dixit le maire, Alain Boucher. Bien que situé en bordure du centre-ville, le site n'a quasiment jamais été ouvert au public. Ce n'est que depuis la route, à travers les grilles, que les Monchyssois peuvent admirer la bâtisse, son parc et son plan d'eau.

Mais les choses vont changer. La communauté de communes de la Vallée Dorée va devenir propriétaire d'une vingtaine d'hectares sur les 27 que compte le domaine. Pour la municipalité, c'est l'occasion de greffer une partie du parc à son centre-ville. Mais aussi d'accueillir un nouvel acteur : la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), qui va créer un centre de formation pour apprentis.

LP/Simon Gourru
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Tout sourire derrière son masque, Alain Boucher recevait ce vendredi les clés du château. Tout en déambulant dans le domaine, il se prenait à imaginer l'avenir du site. « Ici se dressera un bâtiment d'un niveau qui ferait office de cuisine pédagogique pour les apprentis », avance-t-il en traversant une clairière.

Pour l'édile, tout n'est qu'avantages dans ce projet. « Avoir des formations de qualités pour nos jeunes, participer par ce biais à l'effort sur l'emploi dans le Sud Oise mais aussi valoriser un peu plus l'image de la commune », résume-t-il.

Le château « peut faire un parfait hôtel d'application »

Actuellement occupé par le centre de formation de l'Aftral (Apprendre et se Former en Transport et Logistique), qui poursuit son activité sur une partie des lieux, l'endroit va donc rester dans le domaine de l'apprentissage avec l'arrivée de la CCI.

Philippe Enjolras, président de cette dernière, était en recherche d'un endroit pour héberger une partie des pensionnaires du centre de formation de Nogent-sur-Oise? À Monchy-Saint-Éloi, « j'ai vite vu qu'il y avait mieux à faire, les bâtiments sont parfaits pour la formation. Comme le château, qui peut faire un parfait hôtel d'application. »

LP/Simon Gourru
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D'autres bâtiments, à l'image de la ferme située à l'entrée du site, pourront accueillir les formations tertiaires et les logements. Événementiel, santé, sécurité et tourisme, la CCI compte développer des nouvelles formations sur ce super campus. Environ 200 étudiants sont attendus dès la prochaine rentrée, d'ici quatre à cinq ans le président espère attirer au moins 600 personnes.

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« Il y a tout pour faire une super structure, cohérente avec l'offre du secteur, poursuit Philippe Enjolras. Je vais également en parler avec la Chambre d'agriculture, voir ce qu'on peut faire en termes de formation à l'apiculture ou à la permaculture, il y a l'espace nécessaire. » La création d'une auberge de jeunesse, un type d'hébergement qui n'existe pas sur le territoire, est aussi envisagée.

Un lieu de villégiature pour Napoléon III

Avec un budget de 3,3 millions d'euros (M€), l'achat a été rendu possible grâce à l'Établissement public foncier local des territoires Oise et Aisne (EPFLO), qui épaule les collectivités lors d'opérations lourdes et complexes d'aménagement. Pour la commune de 2200 habitants, pour qui la somme correspond à peu près à son budget annuel, il aurait été impossible de se réapproprier le lieu à elle seule. Si c'est la communauté de communes qui est porteuse pour l'achat, reste à définir le partage des responsabilités par la suite entre les trois parties de ce site historique.

Les premières traces datent de l'époque féodale mais l'état actuel du château, plusieurs fois rebâti, date de 1852. La bâtisse doit surtout sa réputation à Napoléon III, qui y séjourna plusieurs fois et y logera même l'une de ses maîtresses, Marguerite Bellanger. « C'est davantage un pavillon de chasse agrandi », précise le maire, Alain Boucher. Après la Seconde Guerre mondiale, où elle fut successivement occupée par les Nazis et les Américains, la résidence est désertée.

LP/Simon Gourru
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Au début des années 1960, le domaine est morcelé par la création de la nouvelle route nationale 16. C'est à la même période que l'Association pour le Développement de la Formation Professionnelle dans les Transports rachète une partie afin de créer un centre régional de Formation. Près de soixante ans après, le maire saute sur l'occasion quand il apprend la volonté de vendre de la SCI qui détenait le domaine.

Car à Monchy, il existe un projet en réflexion depuis 30 ans. « Nous avons un vrai souci, il n'y a pas de nature en centre-ville, souffle Alain Boucher. Alors, nous rachetons au fur et à mesure les maisons et terrains des alentours de la mairie, qui jouxte le parc du château. »

Objectif, ouvrir le parvis du bâtiment municipal vers le château et « greffer » une partie des jardins au centre-ville. Des logements mais aussi une salle d'activité dans l'actuel bâtiment dit de l'Orangeraie sont également prévus. Si la crise du Covid-19 rend plus difficile les annonces des dates de travaux, la municipalité espère lancer le chantier en 2022.