Cerf traqué en gare de Chantilly : «On a frôlé la catastrophe !»

La maire de la ville, Isabelle Wojtowiez (LR), réagit à l’incident qui a provoqué une interruption du trafic ferroviaire pendant trois heures. La SNCF, elle, a décidé de porter plainte.

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Après l'irruption d'un cerf, poursuivi par les chiens d'un équipage de chasse à courre, sur les voies de la gare de Chantilly ce mardi après-midi, la SNCF devait déposer plainte contre X ce mercredi. « Une procédure logique et systématique dès lors qu'il y a eu intrusion sur les voies et interruption du trafic, précise-t-on à la SNCF. Cela permet aussi de mettre en route le processus d'indemnisation par les assurances. »

De 15 heures à 18 heures, aucun train n'a circulé entre Paris et Creil, le temps pour les gendarmes de faire procéder à un tir hypodermique et d'encadrer le retour de l'animal sain et sauf en forêt. L'enquête devra déterminer si les veneurs seront aussi les payeurs après cet incident qui suscite de nombreuses réactions.

« On a frôlé la catastrophe ! estime Isabelle Wojtowiez (LR), maire de Chantilly. Si la forêt est un espace partagé et que la chasse y est permise, en aucun cas un animal ne peut être chassé jusqu'en centre-ville. Ce cerf aux abois, poursuivi dans un milieu hostile, a mis en danger la sécurité des piétons, aurait pu générer des accidents routiers et a perturbé la circulation ferroviaire, engendrant des retards importants pour les Cantiliens. Je partage l'incompréhension et l'émotion devant cet acte inqualifiable et je saurai prendre les décisions utiles afin que plus jamais ce spectacle désolant ne se reproduise dans notre ville. »

Un arrêté antichasse à courre en réflexion

L'élue envisage ainsi de se rapprocher de son homologue de Pont-Sainte-Maxence, Arnaud Dumontier, confronté à plusieurs reprises à des intrusions d'équipages de vénerie en ville et qui a pris un arrêté établissant un périmètre d'interdiction de chasse aux abords de sa commune. Une mesure qui pourrait voir le jour à Chantilly, même si la loi impose déjà aux veneurs d'interrompre la chasse dès lors que l'animal se trouve en zone urbanisée. Plusieurs témoignages appuyés de photos et de vidéos semblent montrer qu'entre la route de l'hippodrome et la gare, l'équipage a eu quelques difficultés à stopper un groupe de chiens qui a suivi le cerf jusque sur les voies.«

«50 trains ont été bloqués ou annulés»

Sans parler de la colère de nombreux voyageurs bloqués dans des trains ou à la Gare du Nord en attendant que le trafic soit rétabli pour pouvoir rentrer chez eux. « De 15 heures à 18 heures, 50 trains ont été bloqués ou annulés, constate Franck Dhersin, vice-président de la région Hauts-de-France en charge des transports. N'étant pas propriétaire des lieux, la région ne peut pas se pouvoir en justice mais nous avons vivement encouragé la SNCF à le faire. »

Après avoir présenté leurs excuses aux voyageurs et à la SNCF, les partisans de la vénerie invoquent à la fois la passion du Duc d'Aumale pour la chasse à courre et exhibent une photographie en noir et blanc représentant un cerf devant la gare de Chantilly « au XXe siècle ». Des époques où les trains étaient sans doute moins fréquents et les amateurs de vénerie plus nombreux. « Dès qu'ils ont vu la direction prise par le cerf en forêt, les veneurs ont cessé la poursuite mais il a fallu rattraper quelques chiens qui ont suivi le cerf jusqu'au bout », tient à préciser Laurent Facques, en charge de la communication pour la vénerie en Picardie.