«Stop Amazon» : dans l’Oise, une chaîne humaine contre le géant américain

A l’initiative de l’association Attac, une manifestation était organisée, ce samedi, devant le centre de distribution de Senlis. Parmi les critiques adressées à la firme américaine : la destruction d’emplois.

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 Senlis, ce samedi. Devant le centre de distribution d’Amazon, une chaîne humaine a été organisée pour dénoncer l’implantation de nouveaux sites.
Senlis, ce samedi. Devant le centre de distribution d’Amazon, une chaîne humaine a été organisée pour dénoncer l’implantation de nouveaux sites. LP/Juliette Duclos

Devant les grilles du centre de distribution du géant américain, à Senlis (Oise), les chants résonnent déjà, des pancartes sont affichées un peu partout sur les arbres environnants et les masques sur les visages des manifestants affichent la couleur : « Stop Amazon ». A l'appel de l'association Attac, ils sont une quarantaine, ce samedi matin, à s'être réunis localement pour cette journée nationale de mobilisation contre « l'implantation de nouveaux sites ».

Avec cette action, ces militants espèrent bien faire évoluer les consciences. Objectif? Dissuader leurs concitoyens de commander chez Amazon, qui selon eux, contribuerait à la destruction d'emplois. Pourtant, quand il a ouvert ses portes, en octobre dernier, le CDG 7 — ce nom de code attribué au centre de Senlis — avait affiché l'embauche de 300 personnes en CDI. « Nous en avions annoncé 500 sur trois ans. Nous tenons nos engagements », expliquait ainsi Théophile Arnand, responsable du site.

«La désertification des campagnes»

A quel prix, s'interroge-t-on à Attac. « Cela crée un peu de travail local à court terme, estime Thierry Patinet. Mais il y aura nettement plus d'emplois supprimés à terme. » Entouré de manifestants, ce porte-parole de l'association dans le département rappelle ainsi l' étude réalisée par l'ancien secrétaire d'Etat en charge du numérique, Mounir Mahjoubi : « Pour un emploi créé, on en supprime deux dans les commerces du centre-ville. »

Parmi les personnes présentes, on retrouve Sonia, 46 ans, soutien de l'association, sans être « militante », précise-t-elle. Comme beaucoup, même dans sa propre famille, elle a dû mal à convaincre. « C'est tellement facile, un clic sur Internet et c'est fini. » Pour Arnaud, 47 ans, trésorier de l'association, « les gens voient le côté pratique, les prix abordables… » Mais pas les conséquences derrière.

« Moi j'habite à Liancourt, il y avait encore une librairie il y a deux ans et elle a fermé. Si on pousse dans cette logique-là, à la fin il n'y aura plus de commerce du tout, soupire-t-il. On va juste aller de plus en plus loin dans la désertification des campagnes… »

9300 personnes embauchées en France

Ces critiques adressées à la firme américaine ne sont pas nouvelles, mais ont pris de l'ampleur pendant la crise sanitaire, entre pétition pour un « Noël sans Amazon » d'élus et tribune de responsables politiques, qui dénoncent « l'expansion de ce géant de l'e-commerce ».

« Nous avons investi plus de 9,2 milliards d'euros dans nos activités françaises depuis 2010 et employons plus de 9300 personnes en France, au service de nos clients », répond la société dans un communiqué, en pointant que l'entreprise représente « moins de 2 % du commerce de détail en France ».