Recherché pour un braquage dans l’Oise, il devient gendarme en Turquie

Alpaslan Sagdis a été condamné ce mardi à 3 ans de prison pour le braquage d’un bar-tabac de Compiègne en 2017. En fuite, il est resté un an dans la gendarmerie turque.

 « Il n’y aurait pas une contradiction entre ce poste de gendarme et vos multiples condamnations ? » s’est interrogé le tribunal (Illustration).
« Il n’y aurait pas une contradiction entre ce poste de gendarme et vos multiples condamnations ? » s’est interrogé le tribunal (Illustration). LP/Alexis Bisson

Alpaslan Sagdis est-il sur le chemin de la rédemption ou cherche-t-il, une nouvelle fois, à duper le tribunal de Compiègne ?

À la barre, le jeune homme de 23 ans, condamné ce mardi à 3 ans de prison pour le braquage d'un bar-tabac compiégnois en juillet 2017, présente en tout cas ses excuses aux deux victimes, absentes à l'audience.

« Ça a changé sa vie, souffle l'avocate de l'ancienne salariée de La Tabatière, dans le quartier Royallieu à Compiègne. Elle était incapable de venir au tribunal aujourd'hui. »

« Des pieds nickelés »

Ce jour de juillet 2017, c'est la jeune femme alors âgée de 28 ans qui est la première à faire face à Alpaslan et son pistolet à billes. Le jeune homme, retranché derrière un masque de ski, parvient à s'emparer de 570 € avant de prendre la fuite. Il se réfugie dans l'appartement de son complice du jour, Amin. Condamné à 18 mois de prison, ce dernier fait l'objet d'un mandat d'arrêt.

« Un braquage d'une rare violence », insiste l'avocate de la jeune salariée. Violent et surtout très mal préparé. « Des pieds nickelés », soufflaient au lendemain du vol à main armé un policier. « On s'était fait un scénario, je devais entrer dans le bar et faire semblant de prendre Amin, en otage. Mais il a eu peur et s'est enfui… », rembobine le prévenu.

Un an de « carrière » dans la gendarmerie

En pénétrant dans le bar-tabac, Alpaslan, gêné par son masque de ski, chute et se retient à la porte. Une trace qui permettra aux enquêteurs de retrouver rapidement sa trace.

Mais deux jours après le braquage, le jeune homme, de nationalité franco-turque, a déjà pris la fuite, direction le village familial, en Turquie. « J'ai eu peur, je voulais partir pour une nouvelle vie », confie le prévenu.

Sur place, Alpasian est bien décidé à se racheter une conduite. Il entame dans un premier temps son service militaire et décide, dans la foulée, d'embrasser une carrière… de gendarme.

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« Ils ont décidé de me mettre à Izmir puis à Antalya. Au total, j'ai fait un an de carrière », retrace le jeune homme, au casier judiciaire très chargé et dont les longs mois passés en détention ont visiblement échappé aux autorités locales.

« J'ai arrêté des gens et j'ai compris que ce chemin ne menait à rien du tout »

Le tribunal, un brin circonspect, s'interroge : « Il n'y aurait pas une contradiction entre ce poste de gendarme et vos multiples condamnations ? » « Ça m'a changé, jure Alpaslan. J'étais un petit con, contre la loi. Et là, d'un coup, j'étais dans la loi. J'ai appris beaucoup de choses, j'ai beaucoup pleuré, éprouvé beaucoup de choses en moi. J'ai même arrêté des gens et j'ai compris que ce chemin ne menait à rien du tout. »

Mais la « carrière » du jeune homme sera finalement de courte durée. À l'été 2018, se sachant recherché, il prend la décision de rentrer en France où il sera rapidement interpellé.