Réchauffement climatique : 34 communes de l’Oise s’engagent à reboiser

La région a lancé le plan Un million d’arbres en Hauts-de-France, à destination des collectivités, avec pour volonté de lutter contre les effets du réchauffement climatique et améliorer le cadre de vie des habitants. 34 communes de l’Oise sont déjà partantes.

 La région Hauts-de-France veut encourage la plantation d’arbres en ville, en campagne et chez les particuliers.
La région Hauts-de-France veut encourage la plantation d’arbres en ville, en campagne et chez les particuliers. LP/Cindy Belhomme

Un million d'arbres pour un million de lycéens. C'est le pari que la région des Hauts-de-France souhaite relever sous trois ans. « C'est symbolique, glisse Guislain Cambier, conseiller régional (UDI) délégué à la transition climatique. Mais nous voulons mobiliser la société dans son ensemble. »

Car selon l'élu, la région a un « retard de boisement important ». Certains départements, comme le Nord ou la Somme, sont néanmoins plus concernés. « Il y a de très beaux massifs dans l'Oise, relève-t-il. Mais on peut toujours faire mieux ! L'arbre a sa place en ville mais aussi en rase campagne. »

L'achat d'arbres et de fournitures financé à hauteur de 90%

Le conseil régional, dirigé par Xavier Bertrand (LR), a donc alloué une enveloppe budgétaire de 6 millions d'euros (M€) pour l'ensemble des Hauts-de-Seine, afin d'aider les collectivités, opérateurs publics et associations à mettre en œuvre leur projet de plantation. L'achat d'arbres et de fournitures est ainsi financé à hauteur de 90 %.

Réchauffement climatique : 34 communes de l’Oise s’engagent à reboiser

Un moyen pour la région d'apporter sa pierre à l'édifice dans la lutte contre les effets du réchauffement climatique. « L'arbre permet de stocker du carbone, il est propice au développement de la biodiversité et il limite les îlots de chaleur », souligne-t-on.

Près de 200 dossiers ont déjà été reçus dont 34 oisiens. Parmi eux, celui de la commune de Breuil-le-Sec qui prévoit de planter 106 arbres. Le conseil municipal souhaite en effet aménager un verger partagé de 50 arbres fruitiers mélangés, près des deux plans d'eau où une trouée doit être comblée.

L'espace routier doit être embelli par un chêne et des végétaux vivaces qui trouveront leur place sur un rond-point situé à l'entrée du bourg. Une zone humide, située derrière le château des Etournelles, doit par ailleurs accueillir des bandes boisées de ripisylves. « Nous voulons mettre en exergue l'environnement et la qualité de vie, assure Denis Dupuis, le maire. Ce plan est l'occasion pour nous de concrétiser cela. »

Encore possible de candidater

Sur ce projet chiffré à 16 000 euros, la région devrait participer à hauteur de 8 500 euros. « Pour que l'argent public soit bien dépensé, il faut que les porteurs de projet soient accompagnés par des professionnels, pense Didier Malé, le président du Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise ( ROSO ). Les arbres, c'est un métier! Et il faut penser à la gestion derrière… »

Comme Breuil-le-Sec, la commune de Jonquières est accompagnée dans sa démarche par une société spécialisée. Le maire souhaite planter 36 arbres dans la partie basse du cimetière, pour « compenser ce que l'on prélève ». Les enfants de l'école devraient être mis à contribution. Une façon concrète de les sensibiliser à la cause environnementale.

Ces plantations ne devraient pas avoir lieu avant l'automne. « Il est important de respecter le calendrier de la nature », sourit Guislain Cambier. Les dossiers sont en cours d'instruction mais les retardataires peuvent encore se manifester. Une certaine souplesse a été actée en raison de l'installation tardive des conseils municipaux, liée à la crise sanitaire.

Erable, chêne, orme… quelles variétés retenues ?

Pour être éligibles, les communes s'engagent à se fournir auprès de producteurs locaux, homologués par la région. Les essences retenues doivent figurer dans la liste établie par les services de la région. De l'érable au chêne en passant par le noyer, l'orme, le noisetier, l'aubépine ou le tilleul, les variétés sont nombreuses à être conformes au projet. Car le but est que les arbres plantés s'adaptent à l'évolution climatique.

« Ce plan est intéressant mais il faudrait déjà protéger les vieux arbres, les ceintures arborées autour des villages et les haies que l'on arrache, dénonce Eric Hugentobler, directeur de Picardie nature. Il faut avoir une vision globale. »

D'autres initiatives fleurissent à l'échelle locale

A Neufvy-sur-Aronde, dix arbres fruitiers ont été plantés en novembre 2019. Chacun porte le prénom d’un enfant né dans la commune en 2018 ou 2019. LP/Juliette Halliez
A Neufvy-sur-Aronde, dix arbres fruitiers ont été plantés en novembre 2019. Chacun porte le prénom d’un enfant né dans la commune en 2018 ou 2019. LP/Juliette Halliez  

Des communes et associations se sont déjà engagées dans des projets tournés vers l'avenir. Dans le cadre de sa nouvelle politique de développement durable, la ville de Noyon a lancé cet été l'opération « Une naissance, un arbre ». Pour chaque nouveau-né noyonnais et à la demande des parents, la ville pourra planter dans la commune un arbre, symbole de la vie et de la croissance. Les parents auront le choix entre un arbre fruitier ou un arbre d'une autre essence. Celui-ci sera parrainé par un enfant et portera son prénom.

La commune de Neufvy-sur-Aronde a entrepris une initiative similaire à l'automne dernier. Dix arbres fruitiers ont été plantés derrière la salle des fêtes en l'honneur des enfants du village nés en 2018 et 2019.

A Compiègne, l'association Mémoire et avenir s'est donné l'objectif en juin 2019 de planter mille arbres sur les territoires communaux du Compiégnois. « L'idée est de contrecarrer les coupes intempestives qu'il y a eues en forêt de Laigue et de Compiègne », explique Marc-Antoine Brekiesz, le président de l'association. Une centaine d'arbres nobles ont été plantés à l'automne dernier. Grâce aux dons de particuliers et d'entreprises, près de mille autres le seront à la Sainte-Catherine.

A Crépy-en-Valois, une centaine d'arbres sont plantés chaque année. Grâce à cette démarche et au travail effectué pour entretenir le parc arboré, la ville a reçu en 2019 le Prix national de l'arbre. Une distinction remise par un jury spécial du Conseil national des villes et villages fleuris. L'équipe municipale s'est par ailleurs engagée lors de la campagne municipale à planter mille arbres durant son mandat.