Plan grand froid dans l’Oise : «Tu restes dehors avec ce temps-là, tu gèles, tu meurs»

Avec des températures attendues très en dessous de zéro, la préfecture vient de déclencher le niveau 2 du plan grand froid. Foyers, hôtels, centres municipaux… Au total, 1231 places d’hébergement sont ouvertes dans l’Oise.

 Ce mardi, devant le Centre d’accueil d’entraide précarité pauvreté (CAEPP) de Beauvais.
Ce mardi, devant le Centre d’accueil d’entraide précarité pauvreté (CAEPP) de Beauvais.  LP/Juliette Duclos

Sous le préau, un coin fumeurs a été improvisé. « Tu as ramené tes gants j'espère », lance Zinédine à un nouveau venu. Lui réside dans ce foyer d'hébergement d'urgence, à Beauvais. « Tu restes dehors avec ce temps-là, tu gèles, tu meurs, assène-t-il. Il va faire moins quatre degrés cette nuit… » La préfecture vient en effet de déclencher le niveau 2 du plan grand froid.

En face de Zinédine, Koné acquiesce sous sa capuche, soigneusement remontée : « On est mieux là que dans le froid. » Sa demande d'asile refusée, le jeune homme a dû quitter le centre dans lequel il résidait, à Montataire.

Maraudes renforcées, horaires des accueils de jour allongés

Après quelques jours « ici et là », le « 115 » lui a trouvé une place ici, dans la ville préfecture, à son grand soulagement. « Ça n'aurait pas été possible pour moi d'être à la rue. » Avec la forte baisse des températures, les associations sont sur le qui-vive pour éviter que des personnes sans-domicile ne dorment dehors.

Maraudes renforcées « pour aller dans les petites communes », plages horaires allongées pour les accueils de jour… « Aucune personne ne doit rester sans solution », assène Alexis Derache, président du Samu social de l'Oise.

«On a trouvé de la place pour tous ceux qui étaient en demande»

Ce lundi, 57 places d'hébergement supplémentaires ont été mises en place, pour un nombre total de 1231 places d'hébergement dans le département. « On peut augmenter si la situation devient compliquée, continue le responsable. D'autres places d'hébergement sont encore en veille, en pré-alerte, s'il y a un besoin. »

Surtout que le dispositif d'urgence n'est pas saturé dans l'Oise, rappellent les professionnels. « On a trouvé de la place pour tous ceux qui étaient en demande et on voit même arriver des personnes qui viennent de départements limitrophes, ils savent qu'il y a de la place, relate Stevens Duval, le directeur du Samu social. On est plutôt bien loti, ici, même s'il faut rester vigilant. »

Un suivi médical pour ceux qui préfèrent rester dehors

Par comparaison, autour de 800 demandes d'hébergement d'urgence restent non pourvues chaque soir, en moyenne, à Paris. Et de conclure : « Les gens qui sont encore à la rue dans l'Oise refusent d'être hébergés. » C'est le cas de Pierre (NDLR : le prénom a été modifié), rencontré sur la place des Halles, à Beauvais.

Ses cheveux enroulés dans une écharpe, l'homme préfère rester « tout seul », malgré le froid. « Je suis déjà allé dans les foyers à Compiègne, Creil ou Beauvais, égraine-t-il. Je ne veux plus y retourner, je suis indépendant. » Pour ces irréductibles, un suivi médical est mis en place pendant les maraudes.

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