A Pierrefonds, la merveilleuse vie de château des employés

 Pierrefonds, le 31 janvier. Les personnes qui travaillent chaque jour au château sont conscientes d’évoluer dans un environnement privilégié. LP/J. Ba.
Pierrefonds, le 31 janvier. Les personnes qui travaillent chaque jour au château sont conscientes d’évoluer dans un environnement privilégié. LP/J. Ba. 

Tout au long de l'année, 24 personnes travaillent dans l'enceinte fortifiée du château de Pierrefonds, qui accueille près de 115 000 visiteurs par an. Un privilège. Et quelques contraintes. « Seuls les bureaux sont chauffés, il faut savoir affronter le froid, sourit une employée. Et être en forme. » Tant d'escaliers… « En voyant ses jambes, un médecin a demandé à une collègue si elle faisait du sport de haut niveau », rigole une autre. Chaque matin, vers 8 h 30, ce sont les femmes de ménage qui franchissent les premières le pont-levis. Armées d'un énorme trousseau de clés sur lequel elles veillent jalousement.

A Pierrefonds, la merveilleuse vie de château des employés

Administratifs, guides, vendeuses en boutique... 24 personnes travaillent quotidiennement au château. LP/J.Ba.

Si les portes du circuit public sont presque toutes dotées d'une même serrure, des dizaines d'autres ont chacune leur sésame, que les femmes de ménage connaissent par cœur. « Elles piochent une clé sans hésiter, sourit Séverine Cognasson, responsable de la communication. Chaque jour, elles s'attaquent à une pièce, plus les espaces dédiés aux enfants. » Les parquets sont cirés deux fois par an. Javel interdite, évidemment.

A Pierrefonds, la merveilleuse vie de château des employés

Le château compte des dizaines de portes qu'il faut ouvrir chaque matin et fermer chaque soir... LP/J.Ba.

A 9 heures arrivent les administratifs. Gestionnaire, responsable des actions éducatives… Une régisseuse s'occupe des actions culturelles et événements. Il y a aussi « nos deux bricoleurs », insiste Séverine Cognasson. Chargés des travaux au sein du monument. « Une ampoule à changer, une porte à repeindre ? On les appelle ! » Pas question de faire n'importe quoi : un responsable décide des actions à mener, en lien avec les Bâtiments de France. « Dans un château qui a 150 ans, il y a toujours quelque chose à rénover », explique la responsable de la communication.

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Les guides — ils sont sept — accueillent les visiteurs dès 10 heures. Toute la journée, ils montent, descendent, ouvrent des portes, expliquent, racontent… 80 % du monument est ouvert au public. A partir de 17 h 20, « ils font le tour du château, ferment chaque porte ». Pas question d'oublier un curieux. « Hors du circuit, il est facile de se perdre, assure une salariée. Même pour nous. Le talkie-walkie est obligatoire. » Une fois les portes du monument refermées, plus d'inquiétude. « C'est vraiment un château fort, explique Séverine Cognasson. Avec des douves de 8 m et des portails imposants… On n'a pas de problème de sécurité ! »

« Mon lieu préféré ? La chambre de l’impératrice »

Amélie Garcia, responsable de la boutique, travaille au château depuis 2009. « J’ai commencé comme agent d’accueil, je faisais les visites commentées. » Ravie du « cadre idyllique » où elle officie, elle reconnaît que « l’émerveillement s’estompe un peu au fil des années », mais s’estime privilégiée. Parfois, « un rayon de soleil tombe sur le château et on ouvre de grands yeux ». Comme tous les salariés, elle a son lieu favori, « la chambre de l’impératrice et la richesse des peintures, les couleurs… » Son travail, par ailleurs, est assez classique : gestion des stocks, choix des produits… Mais essentiel : « C’est important de faire bonne impression. » Et saisonnier, forcément : « En plein hiver, on peut avoir 10 personnes en une journée, mais l’été ou pendant les vacances, cela peut monter à 2600… »

« A Pierrefonds, des activités que je ne peux pas faire ailleurs »

Jean-Louis Bouglé, maitre d’armes, intervient auprès des scolaires depuis environ quinze ans. « J’enseigne l’évolution de la chevalerie entre les XIe et XVe siècles... Les costumes, les armes et la façon de s’en servir. » Avec lui, les enfants se déguisent, manient l’épée... A Pierrefonds, « il y a des activités que je ne peux pas faire ailleurs ». S’appuyer sur l’iconographie dans ses explications, mais aussi profiter, par exemple, « des emplacements pour tirer à l’arc sur les envahisseurs », démonstration à l’appui. « On peut vraiment montrer aux enfants comment marchaient les choses. » Et tirer au canon. A blanc, mais quand même, le bruit est là. « Cela reproduit très bien l’effet de surprise que cela provoquait », sourit-il.