Oise : Watizat, un guide solidaire pour venir en aide aux exilés

Avec le concours de nombreuses associations, le guide Watizat est sorti dans l’Oise. Il recense les adresses utiles pour aider les personnes exilées à mieux s’orienter.

 Compiègne. Margaux Cappe a conçu un guide qui recense toutes les associations d’aides aux plus démunis et leurs actions dans le département.
Compiègne. Margaux Cappe a conçu un guide qui recense toutes les associations d’aides aux plus démunis et leurs actions dans le département.  LP/Stéphanie Forestier

Vendredi soir, à Compiègne, un groupe de plusieurs dizaines de personnes se presse devant le camion des Restos du cœur. Margaux Cappe leur remet un guide Watizat aux personnes présentes. Ce livret jaune de 64 pages a été créé spécialement pour aider les personnes exilées à s'y retrouver parmi les structures et associations de l'Oise auprès desquelles elles peuvent trouver aides ou informations.

« Le guide existait à Paris et Lyon, mais pas ici. Notre objectif est d'orienter les personnes qui ont quitté leur pays et se retrouvent seules, sans ressource ni information », explique la présidente de Compiègne en transition, également bénévole au collectif Watizat. « Ce livret recense tout ce dont elles ont besoin : l'hébergement, la santé, la scolarité des enfants, les formalités administratives, les endroits où manger, s'habiller, prendre une douche… »

« Je suis arrivé en bus à Noyon, puis ici, je suis perdu »

« L'Oise compte de nombreuses structures et associations mais elles fonctionnent toutes différemment. Ce guide permet de tout compiler. Ça va servir. Il arrive souvent que les exilés soient hébergés en urgence dans une ville, puis dans une autre. Ils doivent à chaque fois tout reprendre de zéro et ne savent plus vers qui se tourner », constate Catherine Faucheux, bénévole à Watizat et infirmière au Samu social.

Compiègne. La précarité s’est accentuée en cette période de crise sanitaire. La foule se presse au Camion du cœur. LP/Stéphanie Forestier
Compiègne. La précarité s’est accentuée en cette période de crise sanitaire. La foule se presse au Camion du cœur. LP/Stéphanie Forestier  

Parmi les plus démunis venant chercher denrées et vêtements chauds au Camion du cœur, Ahmadshah, 22 ans, repart avec un sac de nourriture et des interrogations. Ce jeune Afghan de 22 ans vit dans un foyer à Compiègne.

« J'aimerais mieux apprendre le français pour trouver un travail. Mais je ne sais pas où aller. La police m'a expulsé de Porte de la Chapelle, à Paris. Je suis arrivé en bus à Noyon, puis ici. Je suis perdu et attends toujours le traitement de mon dossier. »

« On gère les urgences et on ne sait pas toujours où les orienter »

Joëlle, bénévole au Restos du cœur, croise tous les destins : SDF, familles désargentées, étudiants pauvres, sans-papiers… « De plus en plus, soupire-t-elle. On est sur tous les fronts. On gère les urgences et on ne sait pas toujours où les orienter. Ce guide sera précieux. »

Un sentiment que partage Sophie Martin Camara, membre du collectif Actus. « Il nous permettra de mieux nous coordonner et de faire parler de nos actions, de les adapter. »

En 2019, l'Oise était le deuxième département des Hauts-de-France en matière d'hébergement des demandeurs d'asile avec près de 1500 places en centre d'accueil pour demandeurs d'asile.

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Renseignements : www.watizat.org. Commandes en version papier : [email protected]